Comparatif SCPI vs Assurance-vie

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Par Stéphane van Huffel - Vu 1848 fois

De nos jours, avec des rendements en baisse régulière et continue sur les placements sécurisés, les Français se tournent vers des investissements alternatifs. Il est important de bien faire le distinguo entre les deux investissements « liquides » les plus en vogue du moment, à savoir l’assurance-vie, qui a toujours la cote, et les SCPI qui prennent de plus en plus de parts de marché. Décryptage.

Comparatif SCPI vs Assurance-vie

L’assurance-vie

► Le fonctionnement

C’est avant tout un cadre fiscal. Ce placement vous permet d’investir à court, moyen ou long terme sur un fonds dit en euros et / ou sur les marchés financiers. L’avantage fiscal non négligeable qu’il procure est progressif dans le temps (entre la 1ère et la 8ème année), le but étant d’avoir un contrat défiscalisé (donc de + de 8 ans) afin de pouvoir réaliser des plus-values sans avoir de prélèvements fiscaux, les prélèvements sociaux de 15.5% restant bien entendu obligatoires. Attention : certains clients, du fait du manque d’informations, pensent que le capital est taxé. Il n’en est rien. Seuls les intérêts sont soumis à l’impôt. Les fonds sont disponibles à tout moment.

L’enveloppe comporte 2 types de fiscalité. Celle en cas de vie, celle en cas de décès. En cas de vie, la fiscalité concerne les retraits effectués par le client. Il a le choix entre systèmes d’imposition :

  • Le PFL (prélèvement forfaitaire libératoire) : En cas de retrait durant les 4 premières années d’existence du contrat, le PFL sera de 35% (+ 15.5% de prélèvements sociaux) des intérêts (sur un retrait, il y a toujours un partie capital et une partie intérêts. Le tout sera calculé par la compagnie gérant le contrat et les impôts seront pris à la source). L’imposition globale est donc de 50.5% de la plus-value. Entre 4 et 8 ans, le PFL passe à 15% (+15.5% de prélèvements sociaux) soit 30.5%. Au-delà de 8 ans, c’est 7.5% avec 15.5% de PS soit 23%.
  • L’intégration de la plus-value dans les revenus (IR) : cela dépend de votre taux marginal d’imposition (TMI) pour un retrait les 8 premières années. Après 8 ans, vous avez un abattement annuel (sur les plus-values) de 4600 euros pour une personne seule ou de 9200 euros pour un couple. Il existe 4 tranches d’imposition sur le revenu : 14%, 30%, 41% et 45%. La tranche à 5.5% a été supprimée pour 2015, et le gouvernement a renoncé à l’imposition à 75%. Les intérêts générés par votre contrat seront donc taxés en fonction de votre TMI en ajoutant les PS de 15.5%. Avec ce mode de retrait, la compagnie vous envoie en fin d’année un IFU (imprimé fiscal unique) avec le montant à reporter sur votre déclaration de revenu. Attention : en cas de retrait important, le montant de la plus-value à reporter est susceptible de vous faire passer à la tranche d’imposition supérieure, et par conséquent d’augmenter vos impôts de façon significative. Consulter un Conseiller en Gestion de Patrimoine qui fera le calcul pour vous.

Prenons un exemple :
Un client souhaite faire un retrait sur un contrat ouvert il y a 3 ans. Le retrait d’un montant de 5000 euros comporte une plus-value de 1000 euros. Le TMI de ce client est de 40%.
Le choix du mode d’imposition sera donc le PFL car entre 0 et 4 ans, le prélèvement fiscal est de 35% + PS de 15.5% soit un impôt de : 1000 x .505% = 505 €
Si le client avait choisi de réintégrer la plus-value dans ses revenus, il aurait payé : 1000 x 0.555% soit 550 euros.
Ce petit calcul permet un gain fiscal de 45 euros.

En cas de décès, l’assurance-vie ne fait pas partie de la succession et n’est donc pas soumise à l’abattement successoral de 100.000 euros par enfant. Il faut distinguer les versements effectués avant 70 ans de ceux réalisés après :

  • Avant 70 ans : Chaque souscripteur d’un contrat d’assurance-vie peut transmettre jusqu’à 152.500 euros par bénéficiaire sans droits de succession. Il n’y a pas de nombre limité de bénéficiaires. Ces 152.500 euros comprennent le capital investi et les intérêts générés. Par exemple, pour une famille de 4 enfants, chacun des parents peut transmettre 152.500 euros à chaque enfant soit un total hors succession de 1.220.000 euros. A cela s’ajoute l’abattement successoral classique de 100.000 euros par enfant pour le reste du patrimoine (actifs immobiliers, mobiliers, et liquidités placées à la banque). Cependant si les sommes transmises sont supérieures à l’abattement, une taxe de 20% sera prise sur le montant du dépassement.
  • Après 70 ans : Ici, on ne parle plus de bénéficiaires. Il existe un abattement unique de 30.500 euros (tous contrats d’assurance-vie confondus). Ce montant ne concerne que le capital placé et non pas les intérêts qui eux demeurent hors succession. Par exemple, un client a versé 100.000 euros à 71 ans. Il décède à 76 ans et son contrat pèse au décès 170.000 euros. L’abattement de 30.500 euros s’applique sur les 100.000 euros versés soit 30.500 euros hors succession. Il faut donc réintégrer à la succession du défunt la différence entre le total versé et l’abattement soit 69.500 euros. En revanche, les intérêts restent hors succession. Le client transmet donc 100.500 euros sans droits à payer pour les bénéficiaires.

L’assurance-vie est également non saisissable (sauf dans le cas des primes manifestement exagérées) et peut être transmise à qui l’on souhaite. Les personnes n’ayant pas d’héritiers peuvent ainsi transmettre leur patrimoine à des amis, associations, collègues, voisins, etc… sans que l’Etat ne vienne prendre 60% de leur patrimoine. Les droits seront de 0%. C’est le meilleur outil de transmission.

► Le potentiel de gains

Comme indiqué ci-dessus, l’assurance-vie vous offre 2 possibilités d’investissement. La première est le fonds euros, où la compagnie auprès de laquelle vous souscrivez le contrat vous assure votre capital à 100% ainsi une revalorisation annuelle minimum garantie (entre 1.8% et 4.15% pour 2014) avec effet cliquet (c’est-à-dire que vos intérêts passés génèrent également vos intérêts futurs). La deuxième, concernent l’accès aux unités de compte (UC) c’est-à-dire aux marchés financiers (actions, obligations, devises, matières premières etc). Pour cet investissement le capital n’est pas garanti et la rentabilité également (excepté certains fonds à fenêtre). Pour cela il faut d’abord déterminer votre profil investisseur ce qui vous permettra de situer le niveau de risque que vous jugez acceptable ainsi que la rentabilité annuelle que vous pouvez envisager. Attention : « les performances passées ne préjugent pas les performances futures »

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► Frais

Un point très important dans un monde où tout se négocie de plus en plus. Il y a 2 types de frais principaux sur les contrats d’assurance-vie :

  • Les frais d’entrée : en fonction des contrats, ils sont compris entre 0 et 5% en moyenne. Ils sont toujours négociables. Un conseiller préfèrera toujours prendre 100.000 euros à 1% que 0 à 5%. Cela dit, Internet a considérablement transformé le marché ou de plus en plus d’investisseurs veulent du service, de la performance, de la réactivité et de l’objectivité pour 0% de frais. Cela n’est pas possible. Si vous souhaitez avoir un suivi régulier et par ce biais générer des plus-values, ne tirez pas trop sur la corde (jamais 0%). Un conseiller qui ne gagne pas sa vie ne restera pas et votre contrat en pâtira car il n’y aura pas de suivi (sauf dans le cadre du fonds euros où le suivi n’est pas indispensable). On le voit d’ailleurs dans les compagnies d’assurances et les banques. Turn-over important et aucun suivi entrainent des pertes importantes pour les clients. Préférez donc un Conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant car il travaille dans la durée, ce qui est essentiel pour vous, mais pas gratuit. Tout investisseur préfère un contrat avec des frais mais qui rapporte, qu’un contrat sans frais qui coûte.
  • Les frais de gestion : en général de l’ordre de 1% par an. Quelques contrats en ligne tels que le Netlife ont des frais de gestion réduits à 0,7% mais vous êtes dans ce cas seul pour gérer votre contrat. Sachez que ces frais ne sont pas négociables et que l’on ne peut s’y soustraire.

Les SCPI (société civile de placement immobilier) ou pierre-papier

SCPI

► Le fonctionnement

C’est un investissement sur un actif tangible, l’immobilier. On en dénombre une centaine sur le marché Français. Cet investissement existe depuis une quarantaine d’années et a prouvé sa résistance aux crises financières. Comme pour tout investissement immobilier, le rendement et le capital ne sont pas garantis.

Pour faire simple, des épargnants appelés associés mettent leurs fonds en commun afin d’acquérir des biens immobiliers qu’ils ne pourraient s’offrir seuls. Ce système permet de mutualiser le risque à la fois sectoriellement et géographiquement. Les clients acquièrent donc des parts de la SCPI qui lui seront rémunérées durant toute la durée de détention de ces parts trimestriellement.

Il existe 3 sortes de SCPI :

  • La SCPI de rendement : c’est la plus courante. Son objectif est de distribuer aux associés des revenus fonciers trimestriellement. Le patrimoine immobilier de ce type de SCPI est constitué de bureaux, entrepôts, locaux commerciaux et est loué à des entreprises, des administrations ou encore des commerçants. La durée de vie de ces SCPI est supérieure à 50 ans.
  • La SCPI de plus-value ou de capitalisation : elles concernent plutôt les investisseurs qui cherchent de la plus-value et non du revenu complémentaire. Le but est de valorisé un capital. Pour cela, les associés investissent dans des biens à fort potentiel de revente. Il y a également un avantage au niveau du déficit foncier car pour permettre une revente optimum, la SPCI réalise des travaux et créée donc du déficit foncier.
  • La SCPI fiscale : elle permet d’investir en immobilier tout en disposant d’avantages fiscaux comme par exemple la loi SCELLIER qui vous permet de déduire sur 9 ans 25% du capital investi. Durée de détention conseillée : 8 à 10 ans minimum

Deux modes de financements peuvent servir à l’acquisition de ces parts :

  • Le paiement comptant : il suffit d’utiliser des liquidités pour acheter des parts. Par exemple, si la part vaut 250 euros et que vous souhaitez acquérir 100 parts, il vous faudra verser 25000 euros que vous prendrez sur vos liquidités ou autres placements.
  • Le crédit : en effet, il est possible de faire un prêt immobilier pour investir en SCPI. C’est exactement le même principe que si vous achetiez une maison pour la louer. De plus, utiliser le crédit permet de faire un effet de levier et donc de déduire les intérêts du prêt des revenus fonciers générés, ce qui baisse l’imposition pendant les premières années.

Pour les impôts liés à la souscription de SCPI, il suffit de rajouter les prélèvements sociaux (CSG-CRDS) de 15.5% à votre taux marginal d’imposition (comme pour l’assurance-vie). Les SCPI peuvent également être souscrite en démembrement. Cela permet notamment de réduire l’assiette fiscale de l’ISF (Impôt sur la Fortune).

► Le potentiel de gains

Les SCPI sont une bonne alternative à la baisse des fonds euros. Les rendements sont entre 4 et 6% en moyenne, même si il en existe avec des rendements supérieurs. Les gains sont donc nettement supérieurs au fonds euros, mais plus faibles que le potentiel de gains des marchés financiers. Les SCPI ne comportent pas de garantie en capital, mais restent un placement assez sécuritaire si vous vous inscrivez dans la durée, ce que nous vous recommandons.

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► Les frais

L’investissement dans une SCPI s’accompagne de frais de différentes natures. Ainsi, on distingue les frais versés à la société de gestion ainsi que ceux versés au Trésor Public (droits d’enregistrement).

  • Les frais de souscription : Calculée sur le prix de la part, les frais de souscription sont toujours versés par l’acheteur à la société de gestion. Variant entre 8% et 12% du montant souscrit, ces frais permettent notamment de s’acquitter des frais et droits d’enregistrement notariés lors des achats d’immobilier, comme pour n’importe quel investissement immobilier d’ailleurs.
  • Les frais de gestion : Calculée sur les produits locatifs HT perçus par la SCPI, les frais de gestion peuvent être étendus aux produits financiers nets si le public en est tenu informé. Variant de 8% à 10% des revenus de la SCPI, les frais de gestion sont donc calculés sur les revenus de la SCPI et non sur l’encours global à la différence des frais de gestion des assurances vie. La valeur de ces frais est fixée dans les statuts.
  • Les frais de cession : Calculée sur le montant de la transaction, les frais de cession ne concernent que les ventes de gré à gré. Généralement payés par l’acheteur, les frais de cession sont versés à la société de gestion pour le remboursement des frais de constitution de dossier liés au transfert des parts.
  • Les droits d’enregistrement : Versés au Trésor Public par l’acheteur de parts, les droits d’enregistrement ne concernent que les achats de parts de SCPI à capital fixe sur le marché secondaire. Ces droits correspondent à 5% du prix de la part (min. 25€).

Conclusion

Comme on peut le voir ces deux solutions servent les mêmes objectifs, à savoir la capitalisation et la recherche de revenus complémentaires. A mon sens, aucune solution n’est meilleure que l’autre. En effet, chaque situation est différente et l’on ne peut préconiser une solution sans avoir déterminé le problème. Si vous hésitez, que vous ne savez pas ou que vous avez peur de vous tromper, n’hésitez pas à faire appel aux services d’un professionnel indépendant du conseil qui saura vous indiquer à l’issue d’un audit patrimonial complet, la ou les solutions à privilégier.

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À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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