Les 10 questions à se poser pour évaluer un professionnel financier

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L’article « Les 10 questions à se poser pour évaluer un professionnel financier » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Karl Toussaint du Wast - Vu 375 fois

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Déjà visionnée près de 6000 fois, la vidéo de Stéphane van Huffel sur les bons critères de sélection pour choisir son CGP, vous a, je l’espère, aidé à choisir votre accompagnateur patrimonial dans les meilleures conditions. Pourtant, vous êtes encore très nombreux à nous demander régulièrement comment faire pour bien évaluer un professionnel dans le secteur de la finance et des placements.

En effet, à qui et comment faire confiance lorsque l’on est pas soi-même un expert des marchés financiers, peu ou pas habitué au « jargon technique » et parfois même effrayé à l’idée de devoir rencontrer un professionnel.

Pour vous aider à évaluer rapidement et concrètement un professionnel du secteur, je vous propose ces 10 questions qui, si elles vous sembleront peut-être incompréhensibles, devraient être en revanche faciles à traiter pour quelqu’un(e) qui se présenterait à vous en tant que professionnel.

Sommaire

AVANT-PROPOS CONCERNANT VOTRE BANQUIER : au risque de vous décevoir ou qu’une grande désillusion se présente à vous, je suis au regret de vous annoncer qu’il y a 90% de chance que votre banquier (le « conseiller clientèle ») ne soit pas en mesure de pouvoir répondre à la plupart de ces questions. Non pas pour des raisons intellectuelles bien évidemment, mais tout simplement parce que la plupart des banquiers de réseaux classiques de banques de détail ne sont plus du tout formés aujourd’hui à la moindre culture financière.

Dans quelques trop rares cas, un conseiller patrimonial expérimenté (et curieux car il aura dû aller s’instruire par lui-même) d’un réseau de banque sera peut-être en mesure de répondre à quelques-unes d’entre elles, mais pas toutes. Ce n’est absolument pas de leur faute et à cet égard, je vous invite à être compréhensif à leur égard.

En effet les directions opérationnelles des principaux réseaux bancaires français sont davantage occupées à former leurs équipes à vendre des téléphones portables ou des assurances habitation que de faire ce pour quoi les banques avaient initialement été créées : gérer l’argent de leurs clients...

1. Si j’investis dans des SCPI directement via mon contrat d’assurance-vie, toucherais-je bien 100% des loyers et comment me seront t’ils versés ?

S’il est en effet tout à fait possible de souscrire à des SCPI de rendement au sein d’un contrat d’assurance-vie (pour peu que vous ayez un contrat d’assurance-vie en architecture ouverte), sachez d’une part que vous ne percevrez pas 100% des loyers, mais 97,5%. D’autre part vous devrez alors supporter des frais d’entrée significatifs sur les SCPI (de 2 à 10% selon les SCPI tout de même) dont vous auriez pourtant pu vous passer.

Les loyers générés par les SCPI ne sont pas versés sous cette forme en tant que tel mais sont recapitalisés automatiquement en parts au sein du contrat.

CONSEIL DE « PRO » :
Pour pouvoir toucher 100% des loyers et non pas 97,5% optez pour des SCP (ou SCI) de SCPI et non pas des SCPI directement. C’est le même sous-jacent, mais la structure juridique permet d’outrepasser cette contrainte et ainsi de vous faire verser la totalité des loyers. En ce qui concerne les frais, pour ne pas en payer du tout, je vous recommande UNICIMMO : la 1ère SCP multi SCPI sans frais. Certainement la meilleure solution lorsque l’on veut investir dans des SCPI au sein de son contrat.

2. High Yield vs Investment grade : quelle est la différence et quel type de fonds est le moins risqué ?

Ces termes « barbares » sont pourtant bien connus dans le secteur de la finance. En effet ils définissent des catégories de fonds (OPCVM).

High Yield signifie « haut rendement ». Il s’agit de fonds qui investissent dans des sociétés à haut potentiel de rendement, mais cela signifie par voie de conséquence qu’il s’agit de sociétés plus risquées car souvent plus petites, plus fragiles.

Investment Grade : A l’inverse, les fonds qui investissent dans des sociétés de type « investment grade » sont beaucoup moins risquées. Il s’agit en effet de sociétés qui bénéficient des meilleures notes par les agences de notation. On parle alors de sociétés AAA. Ce sont donc les fonds Investment grade qui sont les moins risqués.

3. Quelle est la différence entre Eurostoxx 50 et Istoxx50 ?

L’indice EuroStoxx 50 est l’indice boursier de référence qui est censé donner la tendance du poumon de l’économie européenne. A cet égard, cet indice (comme pour le CAC40) représente, en proportion de leur taille de capitalisation, les 50 plus grosses capitalisations européennes.

L’Istoxx50 référence ces mêmes 50 sociétés mais en valeur équipondérée. En d’autres termes, les 50 sociétés ont une pondération équivalente dans l’indice et non proportionnelle à leur taille sur l’indice.

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4. Est-ce qu’une remontée du dollar US pourrait avoir des conséquences sur l’économie chinoise et si oui, dans quelle mesure ?

Cette question vise à évaluer le degré de connaissances des engagements financiers interconnectés dans le monde des principales places financières. En l’occurrence, pour cette question, il faut donc savoir que la Chine est très « exposée » à la dette nord-américaine. Donc si le dollar venait à être réévalué, cela aurait mécaniquement et quasi-immédiatement un impact réel et sérieux sur l’économie chinoise puisque la banque centrale chinoise subirait un impact inversement proportionnel à la hausse du dollar.

5. Qu’est-ce qu’un produit structuré ?

Je dois avouer que j’ai choisi cette question d’abord pour moi-même... en effet je voulais me prêter au jeu de l’exercice et tenter de trouver un moyen à la fois simple et pédagogique de répondre, par écrit, à cette question. Il est en effet plus simple de l’expliquer en face à face à l’oral.

PREALABLE : avant toute chose il faut savoir que les produits structurés sont des produits financiers qui rentrent dans la catégorie des produits dits « complexes » et qu’à cet égard l’autorité de contrôle AMF est très regardante et vigilante à l’information préalable et à la bonne compréhension des risques et enjeux d’un investissement dans de tels produits. Il est donc du devoir du conseiller que vous évaluez de bien vous expliquer et de votre devoir de vous assurer que vous avez bien compris les tenants et aboutissants de ce type de support.

Un produit structuré est un produit financier à échéance (généralement une échéance annuelle) qui est construit sur 4 composantes fondamentales dont vous devez bien avoir pris connaissance avant :

  • Un indice de référence sur lequel le produit sera investi (exemple : EuroStoxx50)

  • Un rendement annuel (appelé coupon). Les rendements varient selon le produit structuré mais habituellement on trouve des rendements annuels de l’ordre de 6 à 7%

  • Une durée de vie maximale du produit (généralement 10 ans)

  • Une barrière de protection

Bon, vous allez me dire : « d’accord mais je ne suis pas plus avancé avec tout ça... ». Voici donc un exemple concret :

Prenons un produit structuré que l’on appellera pour l’exemple « NETINVEST JUILLET 2017 ». Ce produit sera investi sur l’indice eurostoxx50, offrira un coupon annuel de 6,5% de rendement, avec une durée de vie maximale de 10 ans et une barrière de protection à –50%.

Cela signifie qu’au travers de ce produit structuré, vous allez vous positionner à une date déterminée au départ courant Juillet 2017 sur l’indice EuroStoxx50. Admettons que l’indice ait une valeur de 100 le jour où vous y rentrez. Dans un an pile, à date d’anniversaire du produit, le niveau de l’indice est alors constaté. De là, 3 scénarii sont possibles :

Scénario N°1 : l’indice Eurostoxx50 est supérieur à sa valeur initiale de 100 (101 ou 400 peu importe). Dans ce cas, le produit est ce que l’on appelle « rappelé », c’est-à-dire qu’il est fermé. Vous récupérez alors automatiquement votre somme initiale + 6,5% de rendement.

Scénario N°2 : l’indice a baissé par rapport à sa valeur initiale de 100 mais la baisse est comprise entre 100 et 50. Dans ce cas, votre capital est alors protégé par la barrière de protection. Il ne se passe rien pour votre capital (dans certains cas même, certains produits structurés prévoient même une rémunération, même en cas de baisse) et vous « repartez » pour un tour, à savoir, pour un an supplémentaire et ainsi de suite pendant 10 ans maximum... si par exemple, la 4ème année, l’indice Eurostoxx50, sans jamais dépasser les -50% arrive à dépasser sa valeur d’acquisition initiale de 100, alors dans ce cas, le produit est rappelé, vous récupérez votre mise de fonds initiale + 6,5% / année écoulée. En l’occurrence ici dans l’exemple, 4 x 6,5% !!

Scénario N°3 : l’indice est descendu en dessous de la barrière de protection de -50%, par exemple, il est descendu à 49. Dans ce cas, le produit est fermé et vous devez alors encaisser la perte de -50%. Vous l’aurez compris, l’intérêt de ce produit est que vous connaissez dès le départ le cadre précis du produit, son potentiel de gain clair et net et la barrière au-delà de laquelle vous perdrez et devrez alors constater votre perte.

CONSEIL DE « PRO » :
Ne vous focalisez pas sur le rendement seul, mais soyez plutôt vigilant au niveau de la barrière de protection (certains produits vont jusqu’à -70%) et cherchez également des produits structurés qui vous rémunèrent, même en cas de baisse... tant que vous restez dans le couloir de protection prévu.

6. En quoi les normes Bâle III et Solvency II vont t’elles radicalement changer la donne sur les fonds euro en 2018 et pourquoi ?

Voilà typiquement une question qui doit vous permettre de pouvoir évaluer rapidement le niveau de connaissance global de l’environnement d’un professionnel de la finance. En effet ce genre d’instructions n’est généralement pas relayé dans les agences bancaires et pourtant, ces normes européennes vont avoir un impact réel et sérieux sur votre fonds euro. Il me semble donc fondamental de savoir de quoi il s’agit.

Pour faire simple, voilà ce que vous devez savoir et comprendre. Dès 2018, les règles imposées au banques (Bâle III) et aux assureurs (Solvency II) en matière d’engagement de rendement sur les fonds euro évoluent. La capacité pour un établissement financier de délivrer un rendement sur le fonds euro sera subordonnée à une proportion de détention de fonds propres. Si une banque détient par exemple 1 milliard de capitaux investis en fonds euro, elle doit à ce jour pouvoir « mettre en face » 1.1 milliards de cash en fonds propres (exemple : livret A... que votre banquier n’a eu de cesse de vous recommander ces dernières années dans votre intérêt bien évidemment.... A moins que cela ne soit dans l’intérêt de la banque... en prévision de 2018 :D). Eh bien en 2018, la proportion sera multipliée par 4. Selon toutes vraisemblances, il y a fort à parier que les fonds euro classiques ne pourront plus délivrer le moindre rendement. Seule la garantie en capital sera maintenue.

7. J’ai 100.000 € que je souhaiterais placer sur une assurance-vie avec un profil équilibré et un objectif de rendement de 5 à 6% ; quelle allocation me recommandez-vous et pourquoi ?

Cette question peut paraitre aussi simple qu’évidente et pourtant, face à votre banquier, ce dernier sera très certainement sinon démuni, du moins limité aux seuls fonds et supports « maison ». En d’autres termes si vous êtes dans une banque « verte », l’on vous proposera des fonds verts. Si vous êtes dans une banque « noire et rouge », l’on vous proposera des fonds noirs et rouges et ainsi de suite... or en matière de placements, vous devez toujours vous assurer que le conseil est objectif et défend d’abord vos intérêts. Pour un profil équilibré, et un objectif (non garanti) de rendement de 5 à 6%, le contrat pourrait par exemple être composé comme suit :

  • une poche de fonds euro (ici vous retrouverez le meilleur fonds euro du marché) jusqu’à 50%

  • une poche de SCP de SCPI

  • un fonds sectoriel

  • un fonds patrimonial

  • un fonds pluri stratégique

CONSEIL DE « PRO » :
vous devez garder en tête qu’un bon contrat d’assurance-vie doit idéalement avoir un objectif de rendement deux fois supérieur à la volatilité (sensibilité, donc d’une certaine manière l’indicateur de risque) de l’allocation choisie.

Exemple : un contrat qui a un objectif de rendement de 6% nets annuel doit avoir une volatilité moyenne de 3 à 4 maximum.

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8. J’ai entendu dire que la Loi Sapin2 permettait aux banques de saisir nos avoirs en cas de faillite, du coup quelle solution alternative me proposez-vous pour m’éviter cela ?

Là encore, cette question permet d’évaluer la capacité du professionnel que vous avez en face de vous à se renseigner par lui-même sur l’évolution des lois et leurs conséquences pour ses clients. La loi Sapin2 qui est entrée en application en septembre 2016 ne prévoit pas (du moins pas pour le moment) la capacité pour un établissement financier de saisir les avoirs des clients en cas de risque de défaut ou de solvabilité, mais uniquement de pouvoir geler les retraits et cela, uniquement sur les fonds euro. Il n’est donc pas question pour le moment de craindre que l’on vous prenne votre argent, mais uniquement, dans le pire scénario, que la banque ou l’assureur gèles les retraits et, une fois encore, uniquement sur la poche investie en fonds euro.

C’est d’ailleurs pour éviter qu’une telle chose n’arrive que les normes Bâle III et Solvency II rentreront en application en 2018, afin de solvabiliser encore davantage les établissements financiers.

9. Y a-t-il un intérêt pour un français résidant fiscalement à l’étranger d’opter plutôt pour un contrat d’assurance-vie luxembourgeois plutôt que français ?

L’objectif n’étant pas ici de présenter les nombreux avantages d’opter plutôt pour un contrat luxembourgeois qu’un contrat français, mais d’indiquer que si vous êtes français, mais résident fiscalement à l’étranger ET que vous êtes assujetti à l’ISF, sachez que dans le cadre d’une convention fiscale passée entre la France et le Luxembourg, la totalité de ce que vous aurez placé sur un contrat luxembourgeois ne sera pas soumis à l’ISF dans les 5 ans qui suivent votre retour en France.

CONSEIL DE « PRO » :
Vous l’aurez compris, si vous êtes dans ce cas et que vous envisagé d’ouvrir un contrat d’assurance, je ne saurai trop vous recommander d’opter pour un contrat luxembourgeois plutôt que français.

10. Je souhaiterais rentrer sur un marché actions. Entre l’US, l’Europe, l’Inde et la Chine, lequel me conseillez-vous et pourquoi ?

Cette dernière question vous permettra d’évaluer le degré de connaissance macro-économique et politique mondiale de votre interlocuteur(trice).

Marché US : outre le fait que l’ensemble des principaux indices boursiers américains (S&P, Dow Jones et Nasdaq) sont tous à des points hauts historiques, nous savons à présent que la FED va remonter lentement mais surement ses taux directeurs. Cela aura donc mécaniquement un impact sur les marchés. Les capitaux devraient donc logiquement quitter le marché US pour « partir ailleurs ». Nous pensons que le marché US est donc trop haut pour y rentrer à présent.

Marché chinois : en dépit d’une croissance et d’une inflation soutenue à plus de 6%/ an en Chine, le risque de crise de liquidité plane fortement actuellement en Chine, notamment comme je l’ai indiqué plus haut vis-à-vis de la dette américaine. Là encore, nous pensons donc qu’il faut plutôt rester attentif et prudent si l’on veut rentrer sur le marché chinois.

L’Inde : l’Inde est un marché en forte croissance, plutôt autonome et bien positionné. Il peut donc être judicieux de vous y intéresser.

Marché européen : c’est le marché actions européens (plutôt Europe du Nord) qui devrait donc logiquement récupérer les fruits de ces évolutions conjoncturelles. Même si nous nous attendons à un rallye baissier cet été sur le marché français, la zone euro et notamment Europe du Nord reste une zone où il nous semble cohérent de nous concentrer si l’on veut investir en actions.

Conclusion

J’espère que ce guide et ces 10 questions, vous auront non seulement permis d’enrichir votre propre culture financière mais également de pouvoir évaluer correctement et justement un professionnel avant de lui confier tout ou partie de vos avoirs en gestion.

J'en profite

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : Une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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