2014 : du mouvement dans l'épargne des français

Visa expert

L’article « 2014 : du mouvement dans l'épargne des français » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Par Stéphane van Huffel - le 09/04/2014

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas dit-on ! Cet adage s'adapte désormais au secteur de l'épargne des français. En effet, la crise financière de 2008 et le cauchemardesque été 2011 n'ont fait que confirmer l'aversion croissante des français envers les marchés financiers et leur préférence pour les livrets bancaires et l'assurance-vie.

Mais cette dernière a également pâti des chutes boursières ces quinze dernières années et les épargnants ont donc utilisé principalement les outils d'épargne bancaire, souvent au détriment du rendement mais avant tout pour se protéger du risque. En ce début d'année pourtant les mouvements s'inversent et les livrets se vident. Décryptage.

epargne-assurance-vie

Le Livret A et le L.D.D

Malgré une belle collecte en janvier 2014, ces deux livrets bancaires totalement liquides et défiscalisés ont connu depuis le 1er janvier une décollecte globale de 140 millions d'euros. C'est un vrai indicateur de mouvement, ces deux supports ayant été très privilégiés par les épargnants depuis 2012.

La principale raison semble découler de la baisse du rendement de ces deux supports de 1,75% à 1,25% en 2013. Même exonérée d'impôt et disponible à tous moments, l'épargne présente sur ces livrets ne rapporte plus rien, malgré une inflation faible.

Autre explication : les français, après plusieurs années d'inquiétude, semblent retrouver un peu confiance et prévoient de nouvelles dépenses, en particulier dans la perspective des vacances d'été.

Les autres livrets

Ces livrets complémentaires souvent utilisés une fois le Livret A et le LDD pleins connaissent une vraie décollecte sur les douze derniers mois, puisque celle-ci dépasse les 6 milliards d'euros.

Il faut reconnaître que leur rendement moyen, ayant chuté de 0,50% sur la même période, ne donne plus satisfaction. Leur fiscalité, déjà lourde, a connu de plus une mutation désavantageuse avec l'alignement des intérêts de ces livrets au barème progressif de l'IR et avec la disparition du prélèvement forfaitaire libératoire. Sans oublier qu'ils sont soumis également aux prélèvements sociaux.

Quitté à être fiscalisé, autant que ce soit sur de la performance!

L'assurance-vie

L'assurance-vie semble continuer son retour en grâce en 2014 après une année 2013 très positive. En effet, la collecte nette (montant total des souscriptions auquel on soustrait le montant total des rachats) a atteint 1,4 milliards d'euros en janvier et 2,4 milliards d'euros en février.

Le mouvement est dû bien entendu à une croissance des souscriptions et des versements complémentaires mais surtout à un ralentissement des rachats.

assurance-vie-feuille

Pourtant, le rendement moyen des fonds euros, annoncé fin janvier autour de 2,85%, est loin d'être exceptionnel. Et le goût des français pour les Unités de Compte, supports éligibles à l'assurance-vie mais investis en actions, obligations ou autre actif financier, ne sait pas accru. Bien au contraire.

Le PEA-PME

Lancé le 1er janvier, le nouveau PEA-PME connaît un très bon début d'année ce qui explique sans doute le repli de la collecte sur les livrets "classiques". En effet, pour les patrimoines les plus aisés, cette nouvelle enveloppe défiscalisée présente bien des avantages malgré le risque que représente l'investissement DNA s les petites et moyennes entreprises.

Mouvement intéressant cependant à noter : les principaux bénéficiaires de la bonne collecte sur le PEA-PME sont les banques de détails et le groupe AXA.

Conclusion

L'année 2014 promet à nouveau d'être une année de mouvements. Ce qui reste un élément relativement sain en matière patrimoniale, l'inertie étant le pire adversaire de l'économie réelle.

Si les français semblent enfin prendre conscience que les livrets bancaires ne sont rien de plus que des supports d'épargne de précaution (sommes disponibles en cas de coup dur), ils demeurent méfiants envers les marchés et continuent de privilégier le bon vieux contrat d'assurance-vie et n'en particulier le fonds euro garanti. Il est à espérer que l'arrivée du PEA-PME et du futur fonds euro-croissance booste l'investissement nécessaire à la relance de l'économie nationale.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

Découvrir son profil

Sur le même sujet

Voir tous nos articles

Nos articles les plus lus

Voir tous nos guides