Facebook un mois après son introduction en bourse

Ecrit par : Stéphane van Huffel

Directeur général, conseiller en gestion de patrimoine

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Il y a un mois jour pour jour, le 18 mai 2012, Facebook faisait son entrée sur le marché financier du Nasdaq. Ce devait être une réussite boursière grandiose, un événement historique inédit, l’introduction qui devait relancer le phénomène des .com. il n’en fut rien, bien au contraire. Pourquoi un tel fiasco boursier ? Comme nous vous proposions un retour sur la première semaine en bourse de Facebook, voici un point sur la valeur boursière de Facebook, un mois après son introduction.

Une dégringolade pour l’action Facebook

S’il y avait un placement financier sur lequel nombreux étaient prêts à parier, c’était bien celui du titre Facebook introduit en bourse à la mi-mai. Avant même son lancement, les prévisions étaient tellement positives et ambitieuses que le prix d’introduction de l’action avait été relevé et le nombre d’actions introduites augmenté. Grâce à cette introduction sur le Nasdaq, Facebook a ainsi pu lever 16 milliards de dollars.

C’est l’une des plus grosses opérations jamais enregistrées aux Etats-Unis. Une opération mise sous le feu des projecteurs par une forte médiatisation due à l’ampleur de l’événement et l’enthousiasme qui l’entourait. Mais, l’histoire ne s’est pas déroulée comme prévu.

Dès son introduction en bourse, le géant du réseau social Facebook a connu une chute vertigineuse. Si bien que 10 jours après sa 1ère cotation le titre continuait de s’effondrer, perdant ainsi 23% de sa valeur depuis son introduction.

Le titre FB introduit sur le marché à 38$ passait sous la barre des 30$ alors que l’ensemble du marché était en hausse. En cause ? Une nouvelle rumeur qui venait s’ajouter à la péripétie de l’entrée en bourse de Facebook. Cette rumeur concernait l’acquisition, par Facebook, d’un navigateur pour téléphones portables.

Alors que le rachat d’Instagram avait déjà suscité des interrogations sur l’avenir du réseau social et sa stratégie de développement, cet éventuel nouveau rachat faisait plonger le titre FB. Ce n’était pourtant qu’une rumeur parmi tant d’autres.

Mais cette rumeur n’a pas favorisé l’embellie pour l’action FB. Début juin, le titre s’échangeait toujours sous les 30$, aux alentours de 27$ soit plus de 10$ de moins qu’à son introduction sur le Nasdaq. Ce ne sont pas moins de 25 milliards de dollars de capitalisation boursière qui se sont ainsi envolés.

Pour l’instant, la firme de Marc Zuckerberg reste plutôt discrète et ne s’exprime que peu sur cette situation. L’introduction en bourse de Facebook pose surtout au réseau social un problème d’image mais à court terme la chute du titre ne poserait pas de problème. Certaines analyses prédisent même que cette évolution aura un effet bénéfique et que les titres reprendront de la valeur.

Un interminable plongeon du titre FB ?

Depuis, le titre Facebook a quelque peu rebondi mais l’action reste sous pression. Les raisons de cette pression sont les incertitudes qui planent sur l’avenir même de Facebook et de son modèle économique. Nous l’évoquions déjà dans notre précédent article sur le sujet, les causes de cette introduction en bourse manquée ne seraient pas seulement liées à une estimation trop optimiste ou aux soi-disant manigances des banquiers ayant piloté l’introduction. Rappelons qu’au-delà du nombre d’utilisateurs du 1er réseau social du monde, le modèle économique repose exclusivement sur la publicité ; or elle génère moins de 1$ par utilisateur. Trop peu selon les analystes.

Ce flop serait aussi du aux incertitudes qui entraîneraient une vigilance des investisseurs. De plus, les pertes (estimées à 4,6 milliards de dollars) pour ce qui ont acheté des actions FB ne rassurent pas non plus les potentiels nouveaux acquéreurs.

Le Nasdaq avait lui aussi été emporté dans la tourmente et accusé d’avoir engendré des pertes dues à une mauvaise gestion de l’euphorique lancement du titre FB. En effet, pour rappel, le système informatique du Nasdaq avait été incapable de traiter bon nombre d’annulations d’ordres. Ce sont environ 30 millions d’ordres qui auraient été concernés par ces défaillances. Des défaillances techniques qui ont eu un impact important venant s’ajouter aux autres mésaventures de cette introduction en bourse.

Depuis, ce sont 40 millions de dollars qui ont été proposés aux investisseurs confrontés aux problèmes techniques du 18 mai. Un montant qui reste cependant 3 fois inférieur au niveau de pertes, estimées à 120 millions de dollars.

Mais le Nasdaq n’en a pas fini avec la tourmente de cette affaire puisque qu’après cet échec, le réseau social pourrait fournir des documents qui mettraient en avant la faute du Nasdaq et les conséquences sur la cotation initiale.

Le réseau social veut certainement démontrer que les raisons de cette introduction chaotique sont externes et que Facebook a tous les atouts pour réussir, en bourse aussi. Le titre FB a d’ailleurs dernièrement progressé de 6% et il s’est stabilisé autour des 30$. Une progression qui ne laisse pas encore présager le retour aux 38$ du premier jour sur le marché boursier, mais peut-être que le titre sera trouver une stabilité convenable.

En résumé...

Le réseau social a récemment annoncé le lancement du « Small Business boost », un programme d’initiatives d’aides pour les TPE et PME françaises dans le but de développer leurs stratégies marketing sur Facebook. Ainsi, le réseau social veut se positionner comme plus qu’un simple réseau social mais comme un levier économique incontournable. Facebook entend démontrer de sa puissance à développer l’influence sur les comportements des clients mais aussi à améliorer la connaissance de ces derniers. Ce programme serait-il une réponse aux craintes des investisseurs quant à la crédibilité économique et à l’avenir même du réseau social ?

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Crayon auteurÀ propos de l'auteur

Stéphane van Huffel, Directeur général, conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France.

Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast & Van en 2005 puis fonde netinvestissement avec son associé Karl Toussaint du Wast. Il est également co-fondateur du tour de France de l’immobilier et du baromètre des placements. Stéphane intervient régulièrement en tant qu’expert auprès de nombreux média français.

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