Investir dans une entreprise : comment la choisir ?

Ecrit par : Stéphane van Huffel

Conseiller en gestion de patrimoine

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Investir dans une entreprise : comment la choisir ?

Le nom de Robert Kiyosaki vous est peut-être inconnu, mais si vous lisez cette page, concernant l’intérêt d’investir dans une entreprise, sa théorie du « quadrant du cashflow » mérite sans doute votre attention. Quitte à simplifier à l’extrême sa pensée, (qu’on peut retrouver dans son livre au titre évocateur : « Père riche, père pauvre »), il s’agit en réalité de chercher la « liberté financière » en maximisant les revenus perçus au travers de la possession d’une entreprise et/ou de ses différents types d’investissements.

De fait, investir dans une entreprise prend tout son sens lorsque l’objectif de moyen/long terme consiste non seulement à ne plus travailler pour quelqu’un d’autre que soi, et à faire en sorte que plusieurs personnes travaillent pour vous. C’est ce que Robert Kiyosaki appelle « devenir propriétaire d’un système ».

Pour autant, toute aventure entrepreneuriale et tout placement financier ont pour corollaire d’indéniables risques intrinsèques, et mieux vaut donc agir en toute connaissance de cause. C’est d’ailleurs tout l’objet du présent article, qui s’intéressera d’abord aux différentes sources de motivation pour investir dans une entreprise, puis à la diversité des méthodes disponibles afin de le faire, avant de lister les éléments-clés à surveiller pour trouver la perle rare parmi la multitude de petites sociétés existantes ou à venir.


Les (bonnes) raisons d’investir dans une entreprise

Investir dans une entreprise représente un engagement majeur. En effet, il est ici question de mobiliser, d’une façon ou d’une autre, d’importantes ressources en capital, mais aussi parfois en temps et en énergie si l’on décide de s’impliquer dans la vie de l’entreprise.

En outre, la prise de risque est omniprésente, et inévitable puisqu’elle est à la base même de l’idée de rendement.

Parfois, certains événements extérieurs peuvent précipiter cette prise de décision, tels qu’une restructuration au sein de l’entreprise dans laquelle travaillait l’investisseur et qui l’aurait poussé vers la sortie. Parfois, ce « saut dans l’inconnu » vers le statut de chef d’entreprise – ou a minima d’investisseur significatif – est dicté par la seule volonté de devenir un acteur plus impliqué dans la croissance économique du pays.

Quoi qu’il en soit, nul ne s’improvise investisseur majeur ou patron sans un « parcours initiatique », semé d’embûches, de doutes et d’a priori plus ou moins erronés. Et puis, à condition de faire preuve d’application et de motivation, l’investisseur s’aperçoit le plus souvent que les risques peuvent être clairement identifiés, et par conséquent, maîtrisés pour une large part.

La routine ne fait pas partie du quotidien d’un investisseur majeur et/ou d’un chef d’entreprise, pas plus que le confort d’un salaire mensuel fixe, mais le sentiment de liberté, et la valorisation personnelle qui émane de ce statut, sont inconnus des personnes qui n’osent pas se lancer.


Les différentes méthodes pour concrétiser son investissement

Lorsque l’on aborde le sujet de l’investissement dans une entreprise, l’une des premières possibilités qui vient à l’esprit consiste à le faire au travers d’un achat d’actions (ou l’achat d’un titre) sur la place financière. Rien de plus facile, il suffit à un opérateur ou un courtier de procéder à l’exécution de votre ordre d’achat de titres. Cette exécution d’ordres vous permet, une fois qu’un vendeur a accepté de vendre ses actions de réaliser la transaction. Mais il est parfaitement possible d’investir sans passer par la bourse – notamment pour les petites capitalisations. Ainsi, il est possible de devenir actionnaire d’une TPE/PME (ou même de plusieurs, d’ailleurs), dès la constitution de son capital, ou suite à une augmentation de ce dernier. Il en va de même pour le statut d'associé.

Pour ce faire, outre de l’argent, l’apport peut prendre la force de biens nécessaires à l’activité de l’entreprise – en dehors des biens immobiliers et des valeurs mobilières, bien sûr. En effet, outre l’apport en numéraire, il est possible de contribuer au capital d’une entreprise par un apport en nature ou encore par un apport en industrie. Pour autant, les dividendes resteront partagées équitablement en fonction du volume de parts de chacun.

Il est donc possible d’investir dans une entreprise et de toucher des dividendes sans forcément réaliser un apport en numéraire.Vous pouvez également financer cet apport industrie par le biais d’un crédit auprès d’un établissement de crédit spécialisé. Les solutions de financement sont variées.

L’investissement en capital dans des entreprises non cotées représente un actif performant, idéal pour diversifier un portefeuille tiers comprenant, par exemple, des placements monétaires, des actions cotées ou bien encore des obligations et des biens immobiliers. En outre, comme évoqué précédemment, l’investissement en direct permet de participer au développement économique d’une manière agréablement concrète. Certains fonds d’investissement se sont spécialisés dans ce type d’investissement au capital de TPE/PME.

De surcroît, investir dans une TPE/PME permet – sous certaines conditions (montant investi, nombre de salariés, durée de conservation des parts, etc.) – de bénéficier d’avantages fiscaux non-négligeables.

Soulignons également qu’afin de réduire les risques en les répartissant sur plusieurs personnes – physiques ou morales – il est fréquent que plusieurs investisseurs s’associent, et entrent en relation ensemble avec des réseaux de business angels, qui à leur tour les mettront en relation avec des entrepreneurs en quête de financement. Différentes structures juridiques sont alors envisageables, du réseau associatif aux SIBA (acronyme de Société d’Investissement de Business Angels). L’association de ces investisseurs et entrepreneurs permet la création de structures de financement qui vont finalement agir comme un fonds d’investissement.

Deux autres possibilités existent encore pour l’investisseur, que ce soit au travers du crowdfunding – ou, dit autrement, le financement participatif de projets par des prêts rémunérés ou une prise de participation – ou du rachat d’une entreprise existante. Cette dernière option, généralement plus coûteuse, présente l’avantage de disposer immédiatement d’une structure préexistante. Ainsi, la clientèle existe, de même que les relations avec les fournisseurs/prestataires, et surtout, la structure interne de l’entreprise est déjà en place. Qui plus est, les banques se montreront plus ouvertes à prêter pour le rachat d’une entreprise rentable plutôt qu’une création, et ce pour la simple et bonne raison que les prévisions financières peuvent s’appuyer sur des données réelles, maximisant d’autant les chances de succès de l’opération.Attention toutefois avant d’investir avec ces plateformes, il est préférable de passer par des plateformes qui ont obtenu un agrément, souvent un agrément de l’autorité des marchés financiers (AMF) qui vous assure que la plateforme par laquelle vous investissez est fiable) et qui joue alors le rôle d’une autorité de contrôle. C’est également l’AMF qui fournit une liste régulièrement mise à jour de site de crowdfunding frauduleux (la liste noire) dont il faut évidemment se méfier.

Au final, pour se lancer dans le monde de la finance et de l’investissement dans des entreprises, il existe de multiples possibilités.

Les critères pour investir en connaissant tous les tenants et aboutissants

Recherchez le rendement pour son investissement dans une entreprise ne doit pas entraîner une prise de risque excessive, et afin de réduire celle-ci, nous avons souhaité vous présenter les quelques points essentiels à retenir.

Tout d’abord, dans le cas d’une entreprise naissante, assurez-vous non seulement de la viabilité du projet – au travers d’un business plan capable de convaincre non pas une mais plusieurs banques – et, si vous vous lancez avec des associés, de leurs expériences passées.

Pour une entreprise existante, les choses apparaissent à la fois plus simples – puisqu’il y a davantage de matière à étudier – et, paradoxalement, plus complexes – pour la même raison. Cela étant posé, votre objectif doit être double, à savoir estimer la valeur de l’entreprise à un instant t, et son potentiel de croissance jusqu’à votre horizon d’investissement. Cela implique de prendre le temps nécessaire pour comprendre le positionnement de l’entreprise, à la fois dans la chaine de valeur, sur son marché, et vis-à-vis des concurrents. Votre approche devra ensuite se concentrer sur la santé financière de la société, et si certains sites – tels que bilansgratuits.fr – peuvent vous donner une première idée globale à ce sujet, nous ne saurions que trop vous conseiller de commander ensuite un rapport complet et propre sur l’ensemble des données chiffrées accessibles.

Les aspects juridiques sont également au cœur des enjeux de la reprise d’une entreprise (cela va des contrats de travail au règlement intérieur de l’entreprise par exemple). Il est donc important de se rapprocher également de professionnels du droit afin de mettre toutes les chances de votre côté dans la réussite de la reprise d’une entreprise.

Enfin, pour un rachat d’entreprise, il vous faudra prévoir de gérer la passation de pouvoir et le regain de motivation à insuffler aux équipes.

Pour vous accompagner dans votre quête du meilleur placement financier, découvrez également tous nos conseils pour bien choisir votre fonds d'investissement OPCVM.

En guise de conclusion, n’oublions pas qu’un investissement n’a pas vocation à demeurer éternellement immobile, et que le mot d’ordre doit rester l’anticipation. La rentabilité de votre investissement n’est jamais assurée à l’avance. Ainsi, que vous vous fixiez un horizon de temps avant de récupérer votre argent, ou bien que vous envisagiez une transmission aux générations futures de votre investissement, savoir se préparer le plus tôt possible constitue un élément-clé de toute bonne gestion patrimoniale.

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A propos de l'auteur

Stéphane van Huffel, Conseiller en gestion de patrimoine

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Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France.

Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast & Van en 2005 puis fonde netinvestissement avec son associé Karl Toussaint du Wast. Il est également co-fondateur du tour de France de l’immobilier et du baromètre des placements. Stéphane intervient régulièrement en tant qu’expert auprès de nombreux média français.

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Le 2020-07-07 08:05:38 par Christophe L.
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