Mise sous surveillance des AAA de la zone euro

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Par Stéphane van Huffel - le 13/12/2011

Les agences de notation (Standard & Poors, Moody’s, Fitch) sont chargées par des sociétés privées mais aussi des états d’évaluer et donc de noter le risque de solvabilité financière. Ces notations se font avec des lettres, la plus connue et la plus « solvable » étant le fameux AAA.

Qu'est ce que cette notation ?

Qu'est-ce que cette notation ?

Cette note correspondant aux perspectives de remboursement des engagements envers ses créanciers (fournisseurs, banques, détenteurs d’obligations, autres états etc).


Les notations vont de AAA (triple A), ou la qualité du crédit est supposée être la plus élevée, à D, qui correspond à un défaut de paiement constaté ou sur le point de l’être. Ainsi, plus la note est bonne, moins l’émetteur de l’emprunt empruntera à des taux élevés.

Dans leurs outils d’analyses, les agences de notation évaluent notamment :

  • Le niveau de déficit
  • Le niveau de dette
  • L’état de santé des banques


Mais cela ne suffit pas car l’agence prend en compte aussi l’avenir du pays concerné. Pour cela, l’agence va décortiquer une série de critères qualitatifs en se posant notamment la question suivante : quelle est la perspective de croissance ?


C’est ainsi que l’agence Standard & Poors a décidé le 6 décembre 2011 de mettre sous surveillance 15 pays de la zone euro car l’agence estime à 40% la probabilité de voir la zone euro entrer en récession. L’évolution du déficit va donc être prise en compte mais c’est surtout la crédibilité de la réponse politique apportée par chaque pays qui est jugée (c'est à dire comment le gouvernement va gérer et maitriser les dépenses).


Et si S&P menace aujourd’hui de dégrader ces notes, c’est parce qu’elle s’inquiète des désaccords persistants entre responsables politiques sur la manière de restaurer la confiance sur les marchés.

Doit-on s’inquiéter de cette situation ?

Une mise sous surveillance, voire une dégradation de la note d’un pays ne signifie pas pour autant que ce pays est en faillite ni qu’il est au bord de l’effondrement, soyez rassuré. Comme nous venons de l’expliquer plus haut, une note est déterminée selon différents paramètres qui évoluent.


Or, cette annonce de mise sous surveillance a justement pour but « d’alerter », de sensibiliser les états sur la situation afin que ceux-ci prennent les bonnes décisions rapidement. La question est à présent de savoir si le gouvernement français, à 6 mois de l’élection présidentielle, saura prendre les bonnes décisions en imposant les difficiles, mais, nécessaires réformes au pays.

Doit-on s'inquiéter de cette situation ?

Conclusion

En conclusion, la mise sous surveillance de la France ne signifie pas que celle-ci est en danger, ni même que les marchés n’ont plus confiance. Et François Barouin l’a encore répété cette semaine, le risque n’est pas que nous perdions notre AAA, mais que nous n’arrivions pas à réduire notre déficit. Les médias se servent de cette menace « anxiogène » de perte du AAA pour captiver les auditeurs et téléspectateurs mais l’heure n’est pas à l’inquiétude. Rappelons que quoique l’on en pense, les français sont parmi les plus riches d’Europe avec un patrimoine élevé et un endettement individuel deux fois inférieur à celui des américains.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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