Les conséquences de la perte du AAA de la France

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L’article « Les conséquences de la perte du AAA de la France » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine.
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Par Stéphane van Huffel - le 17/01/2012

Vendredi 13 Janvier 2012 (cette date porterait elle vraiment malchance ?) l’agence de notation Standard & Poors décidait d’abaisser la note de la France. Nous venions de perdre notre triple A.


L’annonce a été faite après 17h, donc après la clôture du marché parisien. Nous étions tous rivés sur nos indicateurs en ce lundi 16 Janvier pour voir comment « les marchés allaient réagir ». Le CAC 40 clôture finalement à +0.89%, à 3225 points. N’y voyons pas là un regain d’orgueil français, mais plutôt l’analyse pragmatique des opérateurs qui reconnaissent tous que cette perte (attendue) ne remet ni en cause la souveraineté du pays, ni la solidité de nos entreprises.


Rappelons que ces notes prennent en compte plusieurs critères dont notamment la capacité d’un pays à rembourser sa dette. Cela étant dit, et les derniers sondages d’opinion montrent qu’une majorité de français ne sont pas inquiets de la perte de notre AAA, nous sommes en droit de se demander quelles conséquences la perte de cette précieuse note pourrait avoir sur notre économie et sur nos finances. Netinvestissement vous apporte les premiers éléments d’analyse.

Perte du AAA : hausse des taux d’emprunt obligataires

1) Perte du AAA = hausse des taux d’emprunt obligataires

Logiquement, cette dépréciation de la note française devrait avoir comme conséquence une montée des taux d’emprunt. La France qui doit emprunter des centaines de milliards chaque année pour assurer son train de vie, verrait sa dette augmenter directement en cas de hausse des taux.


Exemple : si la France emprunte 100 milliard d’euro et subit une hausse de 0.5%, cela représente une augmentation de 500 millions d’euro d’intérêts !


Cela dit, il est important de savoir que les marchés financiers anticipent ces annonces. Pour rappel, la France est sous surveillance depuis plusieurs mois et les marchés s’attendaient, In Fine, à une dégradation. Cela ne signifie donc pas qu’il ne faut pas craindre une hausse des taux, mais la réalité est que cela a déjà été pris en compte et que l’effet sera donc lissé et moins brutal.

2) Perte du AAA : quelles conséquences pour les particuliers et les entreprises ?

Au même titre que l’Etat français pourrait voir ses taux d’emprunt augmenter, nous pouvons nous attendre à une montée des taux d’emprunt pour les particuliers et les entreprises.


Pour les entreprises privées confrontées à ce problème depuis déjà plusieurs mois (les banques depuis 2008 sont généralement plus réticentes à prêter aux entreprises) elles ont-elles aussi anticipé en faisant appel à l’émission d’obligations sur les marchés. Rappelons quelques beaux exemples tels que l’obligation de St Gobain ou d’EDF en début d’année dernière.


Pour les particuliers, la situation est différente. En effet, la hausse de 0.5% ou de 1% du taux d’emprunt à un impact direct sur leur pouvoir d’achat ou leur capacité d’emprunt. Mais là encore, il n’y a pas de quoi s’alarmer. Les taux restent encore très bas (4% en moyenne) et rappelons que dans le cadre d’un prêt immobilier par exemple pour financer un investissement locatif, les intérêts sont et restent déductibles. Essayons de rester positif.

3) Standard & Poors n’est pas la seule agence de notation

Il faut rappeler que S&P n’est en effet pas la seule agence de notation et que l’agence de notation Fitch par exemple maintient le AAA de la France pour l’année 2012 tout en restant vigilante. Quant à Moody’s qui poursuit son analyse sur l’hexagone, elle aussi maintient le AAA français.


Le gouvernement actuel comme l’opposition se sont tous donnés comme objectif de ramener le budget de la France à l’équilibre à échéance 2017, soit avant la fin du prochain quinquennat.

Standard & Poors n’est pas la seule agence de notation

Conclusion

En conclusion, et pour finir sur une note positive (car nous sommes des éternels optimistes chez Netinvestissement), non seulement la France a les capacités et les moyens pour rétablir sa situation (ce qui est loin d’être le cas de la Grèce par exemple) et les réformes douloureuses mais nécessaires qui seront faites nous y aideront, mais il est important de nous rappeler qu’une note n’est pas définitive et que celle-ci peut évoluer rapidement. La séance du lundi 16 Janvier à Paris nous confirme que l’impact de la perte du AAA est finalement très limitée.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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