Les retraites : les dernières news de la rentrée

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Par Stéphane van Huffel - le 27/08/2013

Hier et aujourd'hui, 26 et 27 août 2013, le premier ministre, entouré des ministres concernés (Affaires sociales, Travail, Fonction publique), reçoit l'ensemble des organisations syndicales pour les sonder une nouvelle et dernière fois sur la réforme des retraites. Ceci marque la fin de la concertation sur ce dossier particulièrement sensible, concertation lancée formellement en juin avec la grande conférence sociale, et qui se poursuit depuis.

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Où en est-on de la démarche ?

Dimanche soir, à la veille de la réception des syndicats, Jean-Marc Ayrault, sur le plateau du 20 heures de France 2, n'a pratiquement rien dévoilé des intentions du gouvernement à ce sujet, en se réfugiant derrière sa rencontre avec les syndicats les jours suivants ; comme il est très délicat de préjuger de l'influence de ces rencontres sur le contenu de la réforme à venir, on en est réduit à l'analyse de ce qui a été dit jusqu'alors, ainsi qu'aux divers ballons d'essai lancés.


Le projet de réforme peut donc bien entendu évoluer encore d'ici à sa présentation au conseil des ministres, prévue le 18 septembre, avant son passage à l'assemblée nationale à partir du 7 octobre.

Les pistes principales

Celle qui ne sera pas suivie. C'est le seul point sur lequel le premier ministre a été totalement clair : l'âge légal de départ à la retraite ne sera pas relevé. En effet, à l'exception du Medef, qui y est favorable, tous les syndicats sont opposés à un tel relèvement.


La piste qui semble être maintenant reportée à beaucoup plus tard, après avoir été longtemps en "pole position", est celle de l'allongement de la durée de cotisation pour bénéficier de la retraite à taux plein. Actuellement, à la suite de la réforme Fillon, cette durée augmente d'un trimestre tous les deux ou trois ans, jusqu'en 2020; pour ne pas heurter les syndicats, le gouvernement laisserait fonctionner ce dispositif jusqu'à cette date, et ne le modifierait qu'après.


Mais alors, où trouver les milliards qui manquent?


L'augmentation de la CSG serait sans doute, du point de vue comptable, la plus efficace, puisque cette contribution touche à peu près tous les revenus, 1% de CSG en plus rapportant environ 10 milliards de recettes de plus ; le gouvernement pourrait donc l'augmenter de quelques dixièmes de point. Cependant, le pouvoir d'achat des ménages en serait affecté, et des voix s'élèvent, y compris au parti socialiste, contre une telle mesure. Verra t-on alors une augmentation des cotisations salariales et patronales? La CFDT y est favorable, le MEDEF fermement opposé ; ce dernier pourrait toutefois l'accepter contre compensation par une prochaine mesure venant alléger le coût du travail.

Les autres mesures

La création d'un "compte pénibilité" a été annoncée par le premier ministre, pour les salariés ; ceci permettrait aux personnes concernées d'accumuler des points leur facilitant un départ anticipé ou un temps partiel.

Les mesures possibles

Des mesures touchant aux "avantages" fiscaux des retraités pourraient ainsi être mises en œuvre : suppression de l'abattement de 10% sur les pensions de retraite pour le calcul de l'impôt sur le revenu, alignement du taux de CSG des retraités sur celui des actifs (6,6% contre 7,5% actuellement), fiscalisation de la majoration des pensions au titre des familles de trois enfants et plus.


Toutes ces mesures viendraient bien sur pénaliser le pouvoir d'achat des retraités. Il serait également envisagé de prendre en compte un certain nombre de trimestres au titre des études.

Conclusion

Quoiqu'il en soit, nous devrions être fixés dans les prochains jours ou les toutes prochaines semaines. Il semble que le gouvernement, après avoir abandonné la question du rapprochement des régimes de retraite du public et du privé, s'applique surtout à éviter les sujets d'affrontement social; en refusant de prendre les décisions qui semblent pourtant s'imposer, et qui sont mises en œuvre tout autour de nous, portant sur l'âge de départ ou la durée de cotisations, il ne retiendrait que des mesures "fiscales", qui pénaliseraient les ménages et les entreprises, et donc l'économie tout entière.

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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