FMI : risque de déflation dans la Zone Euro

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Par Stéphane van Huffel - le 10/04/2014

La croissance mondiale demeure trop lente et trop faible. Cette dernière varie grandement d’un pays à un autre et varie surtout en fonction de sa localisation. Mais entre inflation et déflation, qui sera jongler au mieux entre les contraintes budgétaires strictes imposées et les besoins de relancer l’économie mondiale en passant par la relance économique à l’intérieur même de chaque pays. L’Europe se trouve confronter à des choix importants pour sa survie économique mais aussi politique et décisionnaire.

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En publiant dernièrement à Washington ses nouvelles prévisions, le FMI a très légèrement revu à la baisse (-0,1 point) son pronostic par rapport à ses estimations de Janvier.

L’institution multilatérale avance que la croissance mondiale s’établira à 3,6 % cette année avant de se raffermir à 3,9% l’année prochaine contre 3% en 2013 dans son rapport sur les « perspectives de l’économie mondiale »

Si le FMI a souligné l’amélioration de situation des pays riches avec en premier lieu celles des USA où la croissance devrait atteindre 2,8% cette année et 3% en 2015, la situation de la zone Euro inquiète l’institution et les professionnels. Certes, en Allemagne, la bonne tenue du marché du travail, des conditions monétaires porteuses et l’amélioration de la confiance ont favorisé une hausse de la demande domestique principalement du côté de la consommation des ménages. Reste Outre Rhin, la hausse du PIB sera limité à 1,7% cette année et 1,6% en 2015. En Europe, le FMI avance une hausse du PIB de seulement 1,2% cette année et 1,5 % en 2015.

C’est ainsi que prise dans son ensemble, la Zone Euro reste le maillon faible de la croissance mondiale.

La France quant à elle est créditée de 1% contre 0,9% précédemment et 1,5 % pour 2015. Une performance bien pâle par rapport aux 2,9% et 2,5% en 2015 du Royaume Uni.

« La fragmentation financière, les conditions restrictives du crédit et le poids des dettes privées » continuent de peser sur la croissance, soulignent les économistes du FMI. A cela s’ajoute les vives inquiétudes sur l’évolution de l’inflation. Christine Lagarde s’en était émue la semaine derrière en évoquant un risque de « basse inflation ». « Une période prolongée de basse inflation peut affaiblir la demande et la production – et affaiblir la croissance et l’emploi. »

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D’ou son conseil, repris aujourd'hui par les économistes du Fonds Monétaire International appelant la BCE à assouplir davantage sa politique monétaire.

Que ce soit par une réduction des taux d’intérêt pour les amener en territoire négatif, un assouplissement quantitatif semblable à ceux opérés par les Reserve fédérale américaine ou encore par la titrisation.

« La BCE étudie actuellement les moyens mis à sa disposition. Mais le plus tôt sera le mieux » a souligné le chef économiste du FMI, Olivier Blanchard lors de la conférence de presse. Car si la déflation se confirmait, les pays périphériques de la zone euro auraient encore plus de difficultés à redresser leur compétitivité, a poursuivi Olivier Blanchard. La Grèce, l’Espagne ou le Portugal doivent déjà composer avec une baisse des prix qui risque de gripper leur économie. Après la baisse des prix et de la consommation, les investissements pourraient être mis entre parenthèse avec des retombées sur les salaires et l’emploi, un cercle vicieux tout aussi inquiétant, que l’inflation galopante. Dans une note de recherche publiée hier, le centre de réflexion européen Bruegel est même allé plus loin.

« Avec des anticipations d’inflation de 1% sur les deux ans à venir, l’insistance de la BCE à attendre des signes de déflation plus évidents est un pari dangereux »

Alors que se tient vendredi une réunion des ministres des Finances du G20, à Washington, les pays membres de la zone euro risquent de se retrouver une nouvelle fois sur la sellette.

Conclusion

Ainsi les pays membres de l’Union Européenne se trouvent confrontés à un problème réel : le respect strict du Pacte de Stabilité ou bien la survie économique et politique de l’Union européenne et de l’Euro, en ramenant Paix et la prospérité en son sein. En effet, les pays membres du G20 dont une réunion des ministres des Finances a lieu vendredi à Washington auront fort à faire pour convaincre sur leurs politiques économiques respectifs pour ne parler que d’une seule voix alors que certains ne sont pas d’accord au sein même de l’Union Européenne.

Annexe :

Inflation : l’inflation est le phénomène d’une hausse généralisée des prix et correspond donc à une baisse durable de la valeur de la monnaie.

Déflation : la déflation est une baisse des prix sur une période assez longue, opposée donc à l’inflation.

Alerte : Ne pas confondre la déflation avec la désinflation qui est elle, la baisse de l’inflation

À propos de l'auteur

Stéphane van Huffel , Conseiller en gestion de patrimoine associé

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France. Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast and Van en 2005. Il devient ensuite Directeur Général du Groupe Wast&Van et co-fondateur de netinvestissement.fr.

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