Que va-t-il advenir du secret bancaire ?

Ecrit par : Karl Toussaint du Wast

Conseiller en gestion de patrimoine

Vu 2201

fois

1 min

de temps de lecture

Si un paradis fiscal ne donne pas d'informations aux autorités fiscales des pays qui le souhaiteraient, c'est en raison du secret bancaire. C'est pourquoi la première grosse attaque contre le secret bancaire a visé les paradis fiscaux, lors du G 20 de Londres, le 2 avril 2009. A cette occasion, trois listes de pays ont été dressées, en fonction du niveau de coopération de leurs administrations fiscales: listes blanche, grise, et noire. Pour autant, le secret bancaire ne correspond pas automatiquement à de l'évasion fiscale ou du blanchiment d’argent.

Les autres avancées, depuis ce G20 :

Aux Etats-Unis, en vertu de la réglementation FATCA (Foreign account tax compliance act), une banque étrangère refusant de coopérer ne pourrait y exercer ses activités. L'Union européenne s'efforce aussi de serrer la vis sur l'évasion fiscale, qui coûte très cher.

C'est ainsi que depuis janvier 2013, chaque pays de l'Union doit donner au pays des non-résidents une information individuelle sur leurs revenus d'épargne. Jusqu'alors, seuls l'Autriche et le Luxembourg résistent. C'est la règle de la transparence (directive épargne européenne), pour le moment assez limitée.

Le G20 de Washington, le 19 avril 2013 :

Le communiqué final de cette réunion des ministres des Finances du G20 "exhorte" l'ensemble des pays du monde à pratiquer l'échange automatique d'informations bancaires, qui deviendrait ainsi la règle dans la lutte contre l'évasion fiscale.

Jusqu'à présent, il ne peut être répondu à une demande d'informations que dans la mesure où elle est prévue par un traité bilatéral et si cette demande indique notamment le nom et la banque du déposant concerné. Les Etats-Unis et plusieurs pays européens, dont la France et l'Allemagne œuvrent activement pour l'adoption d'une telle mesure.

Quelles sont donc les perspectives de progression de l'échange automatique d'informations bancaires?

Voyons les cas "emblématiques". Tout d'abord le Luxembourg, pressé de toute part et en particulier par les USA (Fatca), la France et l'Allemagne, a fait savoir qu'il adopterait cette mesure si elle devenait le standard mondial; cependant ce pays fait valoir que malgré une telle mesure, la multiplicité et la qualité des compétences de sa place financière continuera de lui apporter une activité importante.

Ensuite, la Suisse. Sous le feu des Etats-Unis, avec lesquels l'échange automatique est déjà en vigueur, lâchée par le Luxembourg, la Confédération Helvétique accepterait cet échange automatique d'informations; mais ceci, qui marquerait la fin du secret bancaire pour les non-résidents, ne se ferait pas sans conditions; il faudrait notamment que cette mesure soit réellement un standard mondial, sans aucune exception. La Suisse semble donc chercher à gagner du temps, quoique l'année 2015 soit annoncée par certains médias suisses.

Toutefois, l'optimisme des dirigeants européens à la suite du dernier G20 peut être tempéré. Pour commencer, la préparation de la mise en œuvre de l'échange automatique est techniquement très complexe; l'OCDE y travaille, mais pour nombre de pays pauvres, ceci ne parait pas réalisable, ce qui limiterait la portée de la mesure.

Ensuite, il est certain que des pays importants vont résister ou faire trainer, comme cela a pu être observé pendant le G 20 ; c'est en particulier le cas de la Chine. En Europe même, l'Autriche reste encore sourde à ces évolutions. Enfin, tout ce que décide le G 20 met beaucoup de temps à entrer dans les faits.

Conclusion

En conclusion, si le secret bancaire semble bel et bien en voie de disparition, à plus ou moins long terme, cette disparition sera bien sûr sans effet sur les disparités entre les régimes fiscaux des différents pays, et, tant qu'il n'y aura pas un minimum d'harmonisation dans ce domaine, la concurrence subsistera.

Ne ratez rien de nos conseils !

A propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast, Conseiller en gestion de patrimoine

Avis des clients de Karl :

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique.

Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien.

Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion et de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé le cabinet Wast & Van puis netinvestissement. Il est également le co-fondateur du tour de France de l’immobilier et du baromètre des placements. Il intervient régulièrement en tant expert immobilier auprès des média français. Karl Toussaint du Wast est notamment l’auteur des livres : "le Guide du CGP moderne" et "E-CGP, comment réussir sa transformation digitale".

Lire la suite

Dernier commentaire client

"Très, très long....Entre mes premiers contacts en avril 2020 et la date de souscription, il s'est passé 5 mois, suite notamment à plusieurs relances de ma part."

Avis client :
  • etoiles favoris
  • etoiles favoris
  • etoiles favoris
  • etoiles favoris
  • etoiles favoris
Le 2020-10-13 14:46:43 par Philippe L.