Les banques et l'assurance-vie : ce qui change

Ecrit par : Stéphane van Huffel

Conseiller en gestion de patrimoine

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Longtemps plébiscité par les banquiers auprès de leurs clients comme étant le placement patrimonial d’excellence, l’assurance-vie (dont 60% de la collecte est assurée par les banques) est délaissée au profit des fameux livrets d’épargne. L’argument avancé par les banques à leurs clients tourne autour de la rentabilité du capital placé (il est vrai que le rendement des contrats d’assurance-vie investit en fonds euro n’a cessé de baisser et va continuer à baisser en 2012 pour atteindre péniblement 3%), mais c’est en réalité pour une tout autre raison que les conseillers clientèle « orientent » leurs clients vers leurs livrets.

L'origine : Bâle III

L’évolution récente de la règlementation - Bâle III - qui impose à présent aux banques une réserve de fonds propres minimum pour pouvoir réaliser leurs investissements et accorder du crédit requiert de plus importantes liquidités disponibles; requiert de plus importantes liquidités disponibles ; liquidités qu’il est donc plus facile d’aller chercher sur les livrets bancaires des clients.

Alors oui certes, la performance d’un fonds euro tient entre autres au niveau des taux directeurs et à l’inflation, mais disons les choses clairement : s’il y a encore une dizaine d’années les principales institutions bancaires redoublaient d’effort, d’ingéniosité (et de publicité) pour faire valoir la performance de leur fonds euro, il est tout autrement aujourd’hui.

On en vient même à se demander si certain ne le font pas exprès. Trois des principaux opérateurs ont même choisi d’aligner leur rendement avec le voisin.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les banques n’ont plus autant besoin qu’avant de ces contrats d’assurance-vie. Comme nous l’avons expliqué plus haut, les liquidités des Français sont orientées ailleurs, sur des supports qui « arrangent » davantage les banques.

Mais alors, vers quels supports ?

L’immobilier ? Même si les banques pratiquent des taux d’emprunt à forte marge (pour équilibrer leurs positions risquées notamment sur certaines dettes souveraines), ces prêts représentent un risque pour les prêteur, risques que ces derniers cherchent pour l’instant à tout prix à éviter. Même si vous nous devons admettre que les avantages fiscaux liés à l'investissement dans l'immobilier son nombreux. Mais si vous décidez d'investissement à crédit, gare à l'assurance emprunteur !

L’or ? On entend parler de l’or à tout va (certes belle valeur refuge en tant de crise), mais les placements dans l’or représentent moins de 1% des flux d’épargne.

En Bourse ? les petits porteurs ont quitté ce marché depuis longtemps et ne sont pas près à y revenir.

Non, commencez à vous y habituer, votre cher banquier va vous le dire et vous le redire, finalement, le meilleur endroit ou placer son argent c’est …. à la banque (allons donc), dans leurs livrets dits « maisons ».

Car l’assurance vie n’est pas un produit "bilanciel". Autrement dit, elle n’est pas comptabilisée comme faisant partie des fonds propres des banques. Or, c’est bien de fonds propres dont les banques ont besoin en ce moment. Pourtant il est parfois très intéressant de regarder du côté d’un assureur ou même de courtier. En effet, l’assurance-vie peut constituer un excellent support de placement, pouvant garantir (en partie) votre capital). Un arbitrage régulier de votre allocation (autrement vos clés de répartition, et surtout de vos unités de comptes) vous permettra également de gonfler le rendement de votre contrat. Aussi, au sein de ces contrats, vous pouvez effectuer des retraits quand vous voulez ou même bénéficier d’une rente. Les versements sont libres également. Votre espace privée en ligne sur le site de l’assureur vous permettra de réaliser ces opérations en toute simplicité.

Depuis plusieurs mois, nous sommes abreuvés de publicités qui cette fois mettent en avant des taux bonifiés (pendant 3 mois) sur le livret X, Y ou Z.5% par-ci, 5,5% par là. N’oubliez pas tout de même qu’à l’issu de la « promotion » de trois mois, ce livret, comme tous les livrets, retombent à 2%. Et pourtant ça marche ! Sur un an glissant, les versements en capital sur ses livrets ont progressé de 14%. Les livrets Fortuneo, BforBank ou ING par exemple, ce dernier établissement proposant régulièrement des taux boostés applicable quelques mois pour attirer toujours plus de bénéficiaires (attention de bien vérifier les conditions proposées pour ces contrats). N’hésitez pas à établir un comparatif de ces différents contrats. Attention, certains intermédiaires mal intentionnés ont choisi de passer un pacte avec le diable, fuyez les livrets d’épargne vous garantissant 100% de votre capital.

Conclusion

Une fois de plus, l’épargnant se retrouve comme le dindon de la farce, servant avant tout les intérêts de la banque avant les siens. Un livret bancaire doit être ouvert pour avoir des liquidités disponibles à tout moment, mais certainement pas parce que « ça rapporte ». un livret ne rapporte rien (il vous coûte parfois de l’argent si on prend en compte les frais de gestion). Avec la fiscalité, et l’inflation, votre argent placé sur le livret, au mieux, ne se dévalue pas. Votre capital est sécurisé et disponible à tout moment y compris sur un long terme vous permettant de financer un projet de vie par exemple.

Les contrats d’assurance vie en Euro ne sont plus certes aussi intéressants qu’avant, mais une allocation d’actifs adaptés et bien pensée, avec par exemple 15% à 20% de SCPI de rendement, peu volatiles et offrant des rendements de plus de 5% nets par an sont tout à fait cohérents et peuvent être investis dans un contrat d’assurance-vie ; contrat qui, rappelons-le, offre une fiscalité dégressive et plutôt avantageuse pour une durée de détention supérieure à 8 ans.

Ne ratez rien de nos conseils !

A propos de l'auteur

Stéphane van Huffel, Conseiller en gestion de patrimoine

Avis des clients de Stéphane :

Stéphane van Huffel débute sa carrière au sein de la branche d’investissement immobilier d'un grand promoteur français dans les fonctions opérationnelles et commerciales. Il évolue ensuite, toujours au sein du même groupe, vers un poste d'encadrement puis de directeur régional où il est chargé d'animer et d'encadrer cinq cabinets en France.

Son expérience confirmée de la fiscalité et de l'immobilier l'amène à créer son propre cabinet : Wast & Van en 2005 puis fonde netinvestissement avec son associé Karl Toussaint du Wast. Il est également co-fondateur du tour de France de l’immobilier et du baromètre des placements. Stéphane intervient régulièrement en tant qu’expert auprès de nombreux média français.

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Le 2020-07-07 08:05:38 par Christophe L.