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Assurance-vie : pourquoi les fonds euros vous font perdre de l'argent ?

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En résumé ...

Support de prédilection de l’assurance-vie, le fonds en euro voit sa réputation mise à mal ces dernières années. Explications.

L’article « Assurance-vie : pourquoi les fonds euros vous font perdre de l'argent ? » a été rédigé par un professionnel expérimenté en gestion de patrimoine. Netinvestissement apporte une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des conseils prodigués.

Ecrit par : Christelle Agogué

Conseillère en gestion de patrimoine

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par nos lecteurs

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Introduction

54 millions de contrats, 38 millions de bénéficiaires et jusqu’à 1 900 milliards d’encours.

Ces chiffres confirment que le contrat d’assurance-vie est bel et bien le placement financier préféré des Français.

Et ce contrat d’épargne « populaire » est détenu par toutes les classes d’âges, avec une durée de détention moyenne supérieure à 11 ans, et en principales motivations la préparation de la retraite, l’aide aux proches dans l’avenir et la possibilité de faire face aux besoins de dépendance.

Malgré cela, nous constatons depuis quelques temps un désamour progressif des épargnants pour cette enveloppe de détention, avec une remarque quasi systématique : « l’assurance-vie ne rapporte plus rien ».

Alors commençons par distinguer la carrosserie (le cadre juridique et fiscal du contrat d’assurance-vie, identique pour tous les contrats existants) du moteur que vous allez pouvoir mettre à l’intérieur.

Et c’est là où le bât blesse. Car 80% des 1 900 milliards d’encours sur les contrats d’assurance vie sont investis sur les fameux fonds en euros traditionnels, dont le rendement s’érode d’année en année et peine à maintenir le niveau de l’inflation.

Alors, pourquoi les fonds en euro vous font perdre de l’argent ? Faut-il encore privilégier ce type de supports dans votre allocation d’actifs ? Quelles sont les alternatives de placement ?

1. Qu’est-ce qu’un fonds en euro ?

Un fonds en euros, à l’origine, c’est la conjugaison de plusieurs critères (et une spécificité bien franco-française !) :

  • La sécurité de l’investissement avec la garantie en capital
  • La maitrise de la volatilité avec l’effet cliquet (c’est-à-dire la sécurisation des profits réalisés d’une année sur l’autre) et une performance linéaire
  • La rentabilité relativement bonne pendant de nombreuses années pour un risque faible (en tout état de cause encore supérieure aux livrets bancaires règlementés)
  • Et la liquidité garantie par l’assureur, avec la souplesse des versements et retraits libres

Afin de maintenir la garantie du capital attachée aux fonds en euros, les compagnies d’assurance n’ont pas d’autres choix que de privilégier des investissements peu risqués et un tant soit peu rémunérateurs.

C’est ainsi que les gestionnaires investissent massivement, entre 75% à 95% des primes versées sur les fonds en euros, dans des obligations dites « souveraines » (une obligation souveraine est une dette émise par un état ou une banque centrale à l’inverse des obligations « corporates » qui sont quant à elles principalement émises par des entreprises).

Ces obligations d’état sont donc un actif idéal pour assurer :

  • La sécurité indispensable sans subir les aléas des marchés boursiers
  • La liquidité nécessaire par le détachement d’un coupon régulier (les intérêts)
  • Une rémunération minimale pour revaloriser des capitaux sur une longue échéance

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2. Pourquoi les rendements obligataires chutent ?

Nous venons de le voir, afin de maintenir cette garantie en capital, les fonds en euros sont principalement composés de titres de créance. Et la success-story du fonds en euros tient beaucoup à l’incroyable stabilité des taux sur ces 30 dernières années, favorisant une rentabilité satisfaisante sur une classe d’actifs « sans risque ».

Dans le contexte actuel de taux bas (lié en partie par la mondialisation et la succession de politiques monétaires accommodantes), la rentabilité espérée des titres de taux « prime grade » (comprendre les meilleures dettes souveraines) est faible.

Et cela ne va pas aller en s’arrangeant, car ces emprunts obligataires offrent un rendement ne dépassant pas 1%. Et si les taux d’emprunt de la France remontent, les obligations subiront mécaniquement une décote puisque les détenteurs voudront se défaire des titres moins performants, au profit d’obligations plus récentes et plus rentables.

Le rendement du fonds en euros suit logiquement celui de son support d’investissement, qui s’est fortement dégradé sur ces 10 dernières années.

A noter :

C’est la première fois en près de 25 ans que les fonds en euros tendent à se maintenir en dessous du niveau de l’inflation, offrant ainsi un taux de rendement réel « négatif » (…)

Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que les taux ne sont en fait jamais remontés au cours du 21ème siècle (source : FFSA). Si certaines compagnies arrivent à maintenir des taux de rendement stables, et même ponctuellement à augmenter leurs niveaux de rémunération, la courbe du taux moyen de rendement des fonds en euros est descendante depuis les années 2000 (passant ainsi d’un rendement moyen de 5,3% aux niveaux que nous subissons actuellement, soit tout juste 1% pour l’année 2019).

Mais cela reste néanmoins tout à fait compréhensible. Quand l’assureur fait entrer dans son portefeuille des actifs générant tout juste 1% de rendement (ou pire, des taux négatifs ou quasi nuls comme c’est le cas pour la dette allemande ou les emprunts de l’Etat français), comment pourra t’il demain distribuer un rendement de 2% ou 3% à ses assurés ?

Et puisque la gestion de ces fonds est largement encadrée par le gouvernement et les institutions européennes, cela ne laisse aux assureurs qu’une marge de manœuvre restreinte.

3. Les nouvelles contraintes règlementaires

La chute des rendements obligataires ne suffit pas à elle seule à expliquer la dégringolade des taux servis sur les fonds en euros.

Ces derniers subissent des contraintes règlementaires lourdes, initiées certes pour préserver les intérêts des épargnants, mais qui viennent mécaniquement enrayer le mécanisme.

Des normes pour garantir la solidité financière des assureurs, au travers de la directive Solvabilité 2 (entrée en vigueur en Janvier 2016).

Ces règles de solvabilité obligent les compagnies d’assurance à se contraindre à une grande prudence dans la gestion des actifs du fonds en euros, en adaptant leurs niveaux de fonds propres et en réassurant leurs risques encourus.

Autrement dit, les investissements dans des actifs plus risqués sont drastiquement réduits (c’est pourtant cette poche qui permet de « doper » le rendement).

Une incitation par le régulateur à accroitre les niveaux de réserve, et plus spécifiquement la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB).

Il convient d’avoir à l’esprit qu’une partie du rendement généré sur une année n’est pas redistribuée aux épargnants mais déposée sur un compte de réserve. Cela permet à l’assureur de l’utiliser postérieurement, en distribution lors d’années moins rentables, et ainsi de lisser le rendement servi sur les contrats.

Et avec des dizaines de milliards d’euros sous gestion, l’encours des fonds en euros est tel qu’il est assez solide pour affronter la tempête. Les compagnies d’assurance disposent donc de réserves de rendement (largement constituées sur ces dernières années) pour faire face aux difficultés.

Cette réserve avoisine en moyenne 2,40% du rendement (sans compter les plus-values latentes). A noter également que certains assureurs sont propriétaires d’obligations anciennes, plus rémunératrices. Mais ces titres arrivent progressivement à échéance (environ 10% chaque année) et sont réinvestis aux niveaux actuels.

Ne soyons pas pour autant alarmistes, le taux moyen de rémunération annoncé des fonds en euros sur l’année 2019 révèle des variations conséquentes entre les différents assureurs (avec des écarts de 1% à presque 4%).

Cela s’explique en grande partie par la qualité de la gestion opérée par l’assureur, qui réalise une saine diversification vers des actifs plus rentables (voir ci-après) contrairement à certains assureurs qui maintiennent des proportions encore très élevées sur des titres obligataires.

La différence se situe principalement à ce niveau-là, mais pas uniquement ! Il est plus que jamais nécessaire d’être attentif quant aux volumes et à l’ancienneté des actifs en euros, mais aussi aux frais appliqués.

Pour autant, il est certain que les fonds en euros tels que nous les avons connus à savoir rentables, sûrs, liquides et sans plafond de versement…ne sont plus.

Alors, quelles sont les alternatives de placement « sécurisées » pour valoriser judicieusement votre épargne ?

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4. Quelles sont les alternatives aux fonds en euro classiques ?

Les fonds en euros « nouvelle génération »

L’aversion au risque étant très présente chez les épargnants français, la sécurité est un critère qui ne peut être totalement sacrifié. Le fonds en euros est mort, vive le fonds en euros !

Donc oui, la première alternative au fonds en euros est donc le fonds en euros en lui-même (mais différent).

Il s’agit bien évidemment de cibler des fonds plus diversifiés, moins dépendants des obligations souveraines. Le choix des actifs se fera notamment au travers de l’immobilier, des actions ou d’obligations « corporate ».

Le capital reste garanti par l’assureur, et les perspectives de rentabilité sont plus attrayantes (objectif de rendement annuel de frais de gestion de 3% à 4%).

Toutefois, s’il n’est pas question de rogner sur le critère de la sécurité, les épargnants doivent désormais accepter quelques durcissements quant aux conditions d’investissement sur ces nouveaux fonds en euros.

Ainsi, certaines compagnies d’assurance restreignent l’accès à ces fonds (avec une obligation d’allouer une partie de votre versement à des unités de compte, pour lesquelles le capital n’est pas garanti) ou imposent une durée de détention minimum (indisponibilité de l’épargne pendant une certaine durée, pouvant aller de 1 an à 8 ans, sous peine de pénalités appliquées sur le rachat).

Les fonds immobiliers (SCPI, OPCI etc.)

Ce type de fonds représente dans le contexte actuel une belle alternative aux fonds en euros, du fait de leurs investissements diversifiés dans l’immobilier tertiaire (bureaux, santé, commerces) avec une stratégie opportuniste d’investissements multisupports (biens en directs, SCPI, foncières cotées).

Outre une bonne maitrise du risque par la mutualisation des investissements, loger de l’immobilier dans votre contrat d’assurance-vie est une bonne façon de bénéficier d’un rendement peu fiscalisé ; vous profitez en effet de la fiscalité avantageuse du contrat d’assurance-vie contrairement à une taxation à l’impôt sur le revenu, ainsi qu’une imposition maitrisée pour la transmission de votre patrimoine.

Nous l’avons vu, l’accès aux fonds en euros « nouvelle génération » exigent une quote-part d’investissement en unités de compte (UC) : ces fonds immobiliers sont une réponse particulièrement satisfaisante pour une gestion prudente de votre épargne.

Les fonds patrimoniaux

Ces fonds patrimoniaux sont des unités de compte diversifiées « prudentes ». C’est une alternative intéressante pour les investisseurs échaudés par les crises financières passées (notamment celles de 2008 et 2011), et particulièrement sensibles à la conservation de leur épargne.

Investis de façon prudente sur les marchés boursiers, ces fonds sont composés de deux poches : une petite partie sur des actifs dynamiques (généralement 20% maximum) couplée à une poche prudente (au travers de produis de taux par exemple).

Ces véhicules d’investissement présentent l’avantage pour la plupart d’être flexibles, c’est-à-dire que le gérant dispose d’une grande marge de manœuvre pour augmenter ou réduire l’exposition de son portefeuille aux actifs à risque, pour s’adapter aux configurations de marché et saisir des opportunités de placement.

Les produits structurés

Les produits structurés sont une alternative à un investissement risqué de type actions, mais assorti d’une protection conditionnelle du capital au terme d’une période définie à l’avance.

Ce sont des produits dits « techniques », qui permettent donc de saisir des opportunités de rendements attractifs (distribué ou capitalisé, variant généralement de 6% à 10% par an) avec une préservation du capital investi en cas de retournement des marchés.

Mais aussi …

Outre les supports d’investissement en eux-mêmes, certains outils sont à votre disposition pour valoriser votre épargne de façon sécurisée via votre contrat d’assurance-vie.

Pour des encours importants, vous pouvez par exemple avoir recours à la gestion sous mandat. Vous donnez pouvoir, au travers du mandat de gestion, à un gérant pour s’occuper de votre portefeuille selon un cahier des charges défini à l’avance (fonction de vos objectifs, de votre horizon de placement etc.).

Les compagnies d’assurance proposent également un certain nombre d’outils pour gérer et optimiser vos placements dans le temps, par le biais notamment d’options d’arbitrage automatique (limitation des moins-values, sécurisation des plus-values…).

Soyez vigilants aux frais pratiqués par l’assureur (il est parfois plus judicieux de laisser votre contrat en gestion libre, en étant accompagné par un professionnel pour choisir avec soin les supports d’investissement).

Conclusion

Le fonds en euros tel que nous l’avons connu n’existe plus. Pour autant, le contrat d’assurance-vie reste l’un des piliers de la constitution et de la gestion de votre patrimoine.

Les « bons » contrats disposent d’une large gamme de supports, des plus prudents aux plus dynamiques, permettant l’accès à des supports différenciant (type immobilier, produits structurés etc.) et par conséquent à la mise en place d’une allocation pertinente et diversifiée.

Car gardons à l’esprit que la vraie maitrise du risque passe par une juste diversification de votre patrimoine, que ce risque est rémunérateur et que le temps le pondère.

N’hésitez pas à vous rapprocher de l’un de nos conseillers Netinvestissement afin de faire le point sur votre situation !

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A propos de l'auteur

Christelle Agogué, Conseillère en gestion de patrimoine

Titulaire d’un Master II spécialisé « Expertise en Ingénierie Patrimoniale » à l’École Supérieure de Gestion et de Finance (Pôle ESG Paris), Christelle débute sa carrière professionnelle au sein de cabinets indépendants parisiens et bordelais en tant que conseillère en gestion de patrimoine.

Son expérience lui confère une réelle expertise auprès d’une clientèle de particuliers et de chefs d’entreprise, lui permettant de répondre à l’ensemble de leurs problématiques fiscales et patrimoniales au travers d’un suivi personnalisé. Partageant les valeurs d’intégrité et d’efficacité avec Netinvestissement, elle rejoint le cabinet en 2018 en tant que chef de projet patrimonial.

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Le 2020-03-10 22:24:04 par Pierre Edouard R.

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