Assurance-vie : pourquoi les fonds euros vous font perdre de l'argent ?

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Écrit par Christelle Agogué, Conseillère en gestion de patrimoine, rédactrice chez Netinvestissement
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Plus de 140,9 milliards d'euros de cotisations, jusqu’à 1 923 milliards d’encours en 2023... Ces chiffres confirment que l’assurance-vie reste bel et bien le placement financier préféré des Français.

Ce contrat d’épargne « populaire » est détenu par toutes les classes d’âges, avec une durée de détention moyenne supérieure à 11 ans. Les principales motivations des souscripteurs ? La préparation de la retraite, l’aide aux proches dans l’avenir et la possibilité de faire face aux besoins de dépendance.

Malgré cela, nous constatons depuis quelques temps un désamour progressif des épargnants pour cette enveloppe. Une remarque revient quasi systématique : « l’assurance-vie ne rapporte plus rien ». Alors commençons par distinguer la carrosserie (le cadre juridique et fiscal du contrat d’assurance-vie, identique pour toutes les solutions existantes) du moteur que vous pouvez mettre à l’intérieur.

Tout d'abord, une bonne partie des 1 923 milliards d’encours sur les assurances-vie sont investis dans les fameux fonds en euros, dont le rendement s’érode d’année en année et peine à maintenir le niveau de l’inflation.

Alors, pourquoi les fonds en euro vous font perdre de l’argent ? Faut-il encore privilégier ce type de supports dans votre allocation d’actifs ? Quelles sont les alternatives de placement ?

Écrit par Christelle Agogué, Conseillère en gestion de patrimoine, rédactrice chez Netinvestissement

Article rédigé par un professionnel expérimenté. Nous apportons une attention toute particulière à la qualité, l’exactitude et l’objectivité des informations communiquées.

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Pourquoi les rendements obligataires chutent ?

Afin de maintenir la garantie en capital, les fonds en euros sont principalement composés de titres de créance. Or la success-story du fonds en euros tient beaucoup à l’incroyable stabilité des taux ces 30 dernières années, favorisant une rentabilité satisfaisante sur une classe d’actifs « sans risque ».

Après le COVID, cela n'est pas aller en s’arrangeant, car ces emprunts obligataires ont offert un rendement ne dépassant pas 1,1%. Et si les taux d’emprunt de la France remontent, les obligations subissent mécaniquement une décote puisque les détenteurs veulent se défaire des titres moins performants, au profit d’obligations plus récentes et plus rentables.

Le rendement du fonds en euros suit logiquement celui de son support d’investissement, qui s’est fortement dégradé ces 10 dernières années.

À noter :

C’est la première fois en près de 25 ans que les fonds en euros tendent à se maintenir en dessous du niveau de l’inflation, offrant ainsi un taux de rendement réel « négatif » (…)

Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que les taux ne sont en fait jamais remontés au cours du XXIème siècle (source : FFSA). Si certaines compagnies arrivent à maintenir des taux de rendement stables, et même à augmenter ponctuellement leurs niveaux de rémunération, la courbe du taux moyen de rendement des fonds en euros est descendante depuis les années 2000.

Mais cela reste néanmoins tout à fait compréhensible. Quand l’assureur fait entrer dans son portefeuille des actifs générant 1,1% de bénéfice (ou pire, des taux négatifs ou quasi nuls comme c’est le cas pour la dette allemande ou les emprunts de l’Etat français), comment pourrait-il demain distribuer un rendement de 2% ou 3% à ses assurés ?

Puisque la gestion de ces fonds est largement encadrée par le gouvernement et les institutions européennes, cela ne laisse aux assureurs qu’une marge de manœuvre restreinte.

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Les nouvelles contraintes règlementaires

La chute des rendements obligataires ne suffit pas, à elle seule à expliquer la dégringolade des taux servis sur les fonds en euros.

Ces derniers subissent des contraintes règlementaires lourdes, initiées certes pour préserver les intérêts des épargnants, mais qui viennent mécaniquement enrayer le mécanisme.

Des normes pour garantir la solidité financière des assureurs, au travers de la directive Solvabilité II

Solvabilité II est une réforme réglementaire européenne dont les règles obligent les compagnies d’assurance à s'imposer une grande prudence dans la gestion des actifs du fonds en euros. Comment ? En adaptant leurs niveaux de fonds propres et en réassurant leurs risques encourus.

Autrement dit, les investissements dans des actifs plus risqués sont drastiquement réduits... C’est pourtant cette poche qui permet de « doper » le rendement.

Une incitation par le régulateur à accroître les niveaux de réserve, et plus spécifiquement la Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB)

Il convient d’avoir à l’esprit qu’une partie du rendement généré en une année n’est pas redistribuée aux épargnants, mais déposée dans un compte de réserve. Cela permet à l’assureur de l’utiliser postérieurement, en distribution lors d’années moins rentables, et de lisser ainsi le rendement servi sur les contrats.

Or avec des dizaines de milliards d’euros sous gestion, l’encours des fonds en euros est tel qu’il est assez solide pour affronter la tempête. Les compagnies d’assurance disposent donc de réserves (largement constituées durant ces dernières années) suffisantes en cas de difficultés.

 À noter :

Certains assureurs sont propriétaires d’obligations anciennes, plus rémunératrices. Mais ces titres arrivent progressivement à échéance (environ 10% chaque année) et sont réinvestis aux niveaux actuels.

Ne soyons pas pour autant alarmistes : le taux moyen de rémunération annoncé des fonds en euros révèle des variations conséquentes entre les différents assureurs (avec des écarts de 1% à presque 4%).

Cela s’explique en grande partie par la qualité de la gestion opérée. L'assureur qui réalise une saine diversification vers des actifs plus rentables approche les 4% de rendement. Les gestionnaires qui maintiennent des proportions encore très élevées sur des titres obligataires stagnent à 1%.

La différence se situe principalement à ce niveau-là, mais pas uniquement ! Il est plus que jamais nécessaire d’être attentif quant aux volumes et à l’ancienneté des actifs en euros, ainsi qu'aux frais appliqués.

Alors, quelles sont les options de placement « sécurisées » pour valoriser judicieusement votre épargne ?

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Quelles sont les alternatives aux fonds en euro classiques ?

Les fonds en euros « nouvelle génération »

L’aversion au risque étant très présente chez les épargnants français, la sécurité ne peut être totalement sacrifiée. Le fonds en euros est mort ? Vive le fonds en euros !

Eh oui, la première alternative au fonds en euros est... Le fonds en euros en lui-même, mais avec une stratégie différente. Bref, un fonds euros "nouvelle génération". 

Il s’agit de cibler des fonds plus diversifiés, moins dépendants des obligations souveraines. Le choix des actifs se fait notamment via de l’immobilier, des actions ou des obligations "corporates".

Le capital reste garanti par l’assureur, et les perspectives de rentabilité s'avèrent plus attrayantes (objectif de rendement annuel de frais de gestion de 3% à 4%).

Toutefois, s’il n’est pas question de rogner le critère de la sécurité : les épargnants doivent désormais accepter quelques durcissements quant aux conditions d’investissement sur ces nouveaux fonds en euros.

Ainsi, certaines compagnies d’assurance restreignent l’accès à ces fonds (avec une obligation d’allouer une partie du versement sur des unités de compte, pour lesquelles le capital n’est pas garanti) ou imposent une durée de détention minimum (indisponibilité de l’épargne pendant une durée précise, pouvant aller de 1 an à 8 ans, sous peine de pénalités appliquées sur le rachat).

Les fonds immobiliers (SCPI, OPCI etc.)

Les fonds immobiliers représentent une belle alternative aux fonds en euros, du fait de leurs placements diversifiés dans l’immobilier tertiaire (bureaux, santé, commerces) avec une stratégie opportuniste d’investissements multisupports (biens en directs, SCPI, foncières cotées).

Outre une maîtrise du risque par la mutualisation des investissements, loger de l’immobilier dans votre contrat d’assurance-vie est une bonne façon de bénéficier d’un rendement peu fiscalisé. Vous profitez en effet de la fiscalité avantageuse du contrat d’assurance-vie et évitez une taxation à l’impôt sur le revenu, ainsi qu’une imposition maîtrisée concernant la transmission de votre patrimoine.

Nous l’avons vu, l’accès aux fonds en euros « nouvelle génération » exige une quote-part d’investissement en unités de compte (UC) : ces fonds immobiliers sont une réponse particulièrement satisfaisante pour une gestion prudente de votre épargne.

L'assureur qui réalise une saine diversification vers des actifs plus rentables approche les 4% de rendement. Les gestionnaires qui maintiennent des proportions encore très élevées sur des titres obligataires stagnent à 1%.

Les fonds patrimoniaux

Les fonds patrimoniaux sont des unités de compte diversifiées « prudentes ». Ils constituent une option intéressante pour les investisseurs échaudés par les crises financières passées, et particulièrement sensibles à la conservation de leur épargne.

Investis de façon prudente sur les marchés boursiers, ces fonds sont composés de deux poches : une petite partie sur des actifs dynamiques (généralement 20% maximum) couplée à une poche prudente (au travers de produis de taux par exemple).

Ces véhicules d’investissement présentent l’avantage d’être flexibles, c’est-à-dire que le gérant dispose d’une grande marge de manœuvre pour augmenter ou réduire l’exposition de son portefeuille aux actifs à risque. Cela afin de s’adapter aux configurations de marché et saisir des opportunités de placement.

Les produits structurés

Le produit structuré est une alternative à un investissement risqué de type action, mais assorti d’une protection conditionnelle du capital au terme d’une période définie à l’avance.

Il s'agit de produits dits "techniques", qui permettent de saisir des opportunités de rendements attractifs (distribué ou capitalisé, variant généralement de 6% à 10% par an), avec une préservation du capital investi en cas de retournement des marchés.

Mais aussi …

Outre les supports d’investissement en eux-mêmes, certains outils sont à votre disposition pour valoriser votre épargne de façon sécurisée via votre contrat d’assurance-vie.

S'agissant des encours importants, vous pouvez, par exemple, recourir à la gestion sous mandat. Vous donnez ainsi le pouvoir, par mandat de gestion, à un gérant pour s’occuper de votre portefeuille selon un cahier des charges prédéfini (en fonction de vos objectifs, de votre horizon de placement, etc.).

Les compagnies d’assurance proposent également un certain nombre d’outils pour gérer et optimiser vos placements dans le temps, par le biais notamment d’options d’arbitrage automatique (limitation des moins-values, sécurisation des plus-values…).

Soyez vigilants aux frais pratiqués par l’assureur (il est parfois plus judicieux de laisser votre contrat en gestion libre, en étant accompagné par un professionnel qui choisit avec soin les supports d’investissement).

Rappel : qu'est-ce qu'un fonds en euro ?

Un fonds en euros, à l’origine, c’est la conjugaison de plusieurs critères (et une spécificité bien franco-française !) :

  • La sécurité de l’investissement grâce à la garantie en capital,
  • La maîtrise de la volatilité avec l’effet cliquet (c’est-à-dire la sécurisation des profits réalisés d’une année sur l’autre) et une performance linéaire,
  • La rentabilité - relativement bonne - pendant de nombreuses années pour un risque faible (en tout état de cause, encore supérieure aux livrets bancaires règlementés),
  • Et la liquidité garantie par l’assureur, avec la souplesse des versements et retraits libres.

Afin de maintenir la garantie du capital attachée aux fonds en euros, les compagnies d’assurance n’ont pas d’autres choix que de privilégier des investissements peu risqués et un tant soit peu rémunérateurs.

C’est ainsi que les gestionnaires investissent massivement, entre 75% à 95% des primes versées sur les fonds en euros, dans des obligations dites « souveraines » (une obligation souveraine est une dette émise par un état ou une banque centrale à l’inverse des obligations « corporates » qui sont quant à elles principalement émises par des entreprises).

Ces obligations d’état sont donc un actif idéal pour assurer :

  • La sécurité indispensable sans subir les aléas des marchés boursiers
  • La liquidité nécessaire par le détachement d’un coupon régulier (les intérêts)
  • Une rémunération minimale pour revaloriser des capitaux sur une longue échéance

En résumé...

Le fonds en euros tel que nous l’avons connu n’existe plus. Pour autant, le contrat d’assurance-vie reste l’un des piliers de la constitution et de la gestion de votre patrimoine.

D'autre part, 2024 s'annonce sous de meilleurs auspices, la fin de l'année 2023 ayant déjà comptabilisé des rémunérations plus élevées pour les fonds euros (2,5% en moyenne, et jusqu'à plus de 3%). 

Les « bons » contrats disposent d’une large gamme de supports, des plus prudents aux plus dynamiques, permettant l’accès à des supports différenciant (type immobilier, produits structurés etc.), donc la mise en place d’une allocation pertinente et diversifiée.

Gardons à l’esprit que la vraie maîtrise du risque passe par une juste diversification de votre patrimoine, que ce risque est rémunérateur et que le temps le pondère.

N’hésitez pas à vous rapprocher de l’un de nos conseillers Netinvestissement afin de faire le point sur votre situation !

Crayon auteurÀ propos de l'auteur

Christelle Agogué, Conseillère en gestion de patrimoine, rédactrice chez Netinvestissement

Titulaire d’un Master II spécialisé « Expertise en Ingénierie Patrimoniale » à l’École Supérieure de Gestion et de Finance (Pôle ESG Paris), Christelle débute sa carrière professionnelle au sein de cabinets indépendants parisiens et bordelais en tant que conseillère en gestion de patrimoine.

Son expérience lui confère une réelle expertise auprès d’une clientèle de particuliers et de chefs d’entreprise, lui permettant de répondre à l’ensemble de leurs problématiques fiscales et patrimoniales au travers d’un suivi personnalisé. Partageant les valeurs d’intégrité et d’efficacité avec Netinvestissement, elle rejoint le cabinet en 2018 en tant que chef de projet patrimonial.

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