Focus marchés du 13/01/2016

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Par Karl Toussaint du Wast - le 13/01/2016

Après un début d’année 2015 placé sous le signe de la prospérité et de la performance pour l’ensemble des places boursières mondiales, et tout particulièrement Européennes et Américaines qui ont atteint des plus hauts historiques, les marchés mondiaux ont été confrontés à une recrudescence de la volatilité tout au long du second semestre. Faisant face à une succession d’évènements majeurs tant sur le plan politique qu’économique, les marchés boursiers ont connu d’importantes fluctuations. Les investisseurs tentant d’évoluer dans un environnement fortement déstabilisé et dépourvu de visibilité à moyen terme.

Que s’est-il passé en 2015 ?

Portés jusqu’alors par les politiques accommodantes menées par les principales Banques Centrales, l’amélioration des fondamentaux Américains et Européens, et un assainissement progressif de l’environnement macro-économique mondial, les marchés actions et obligataires sont ceux qui ont principalement souffert du brusque revirement de tendance observé au second semestre 2015.

Sur le plan politique, l’Europe fut la première zone géographique à connaître de fortes turbulences à la mi-juin lors de la manifestation par la majorité du peuple Grec du refus de se soumettre aux propositions faites par les créanciers Européens. Si cette résurgence du feuilleton Grec a eu pour conséquence un regain de volatilité sur les marchés sur fonds de crainte d’une remise en cause du système Européen dans sa globalité en cas de sortie définitive de la Grèce, elle a cependant connu un dénouement heureux.

Sur le plan économique, l’un des évènements les plus marquants de 2015 reste incontestablement le retour des incertitudes entourant le rythme de la croissance Chinoise dont l’impact s’est immédiatement fait ressentir au niveau mondial et tout particulièrement sur les pays développés (Etats Unis et l’Europe) et sur les pays émergents dont les économies demeurent fortement corrélées.

La sur-réaction des investisseurs couplée à une dévaluation soudaine du Yuan de la part du Gouvernement Chinois ont créé une véritable vent de panique sur les marchés actions internationaux. Ces derniers évoluant au gré des annonces faites par les Grandes Banques Centrales Mondiales, seules détentrices de mécanismes suffisamment puissants pour enrayer la chute des marchés.

Les secteurs de l’énergie et des matières premières ont également beaucoup souffert en cette fin d’année, notamment lors de l’annonce par l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) du maintien des niveaux production dans un contexte pourtant dominé par une faiblesse de la demande mondiale et une hausse de la production en Irak.

Est également à retenir la désynchronisation des politiques monétaires menées par les Banques Centrales Mondiales. Alors de la Banque Centrale Européenne est venue rapidement au soutien des marchés par le biais d’un assouplissement de sa politique monétaire (prolongement du mécanisme de rachats d’actifs obligataires notamment), la Réserve Fédérale Américaine a, quant à elle, annoncé la mise en place d’un normalisation progressive de sa politique monétaire compte tenu de l’amélioration des fondamentaux Américains (Hausse de l’emploi, baisse du chômage). Cette normalisation va se matérialiser par une augmentation progressive des taux d’intérêts Américains jusqu’en 2019.

Si l’annonce d’une normalisation de la politique monétaire Américaine demeure le signe d’un assainissement de l’environnement économique Américain, elle a cependant reçu un accueil mitigé de la part des investisseurs Européens. Ces derniers y voyant une énième source de déstabilisation économique. Le marché obligataire ayant profité largement de l’affaiblissement du marché des actions en cette fin d’année.

Quelles sont les perspectives pour l’année 2016 ?

En dépit d’un début d’année fortement chahuté sur fonds de persistance des incertitudes quant au devenir de la Première puissance mondiale, l’année 2016 n’en demeure pas moins une année riche en opportunités. Quels secteurs et zones géographiques devons nous privilégier pour cette nouvelle année ?

Sur les marchés actions, si l’une des principales craintes des investisseurs en 2015 a été la menace déflationniste mondiale dont les principales conséquences sont une baisse des prix de l’énergie celle-ci devrait avoir à un terme un impact positif sur la consommation des ménages notamment Américains. En effet, elle devrait rapidement venir au soutien de l’économie dans la mesure où l’épargne réalisée par les ménages va être progressivement réinjecter dans l’économie par le biais d’une hausse de la consommation et ainsi rendre l’économie Américaine en capacité de faire face à la remontée progressive des taux d’intérêt.

Du côté du Vieux Continent, l’Europe continue de profiter de fondamentaux solides et d’une amélioration progressive de ses perspectives économiques (Faiblesse de la monnaie Unique, Maintien de la politique accommodante de la BCE, hausse de la demande intérieure notamment). De nombreuses opportunités seront à saisir dans les mois à venir notamment dans les entreprises de petites et moyennes capitalisation revêtant un fort potentiel de croissance et une faible corrélation aux fluctuations de marchés.

Les pays émergents demeurent, quant à eux, fortement fragilisés par les évènements récents. Le ralentissement de l’économie Chinoise, ainsi que la hausse des taux américains ont impacté de manière négative leur niveau de croissance. Ces derniers faisant face à une recrudescence de leurs problématiques structurelles (Dépréciation progressive de leurs devises, baisse du pouvoir d’achat des ménages,..).

Sur les marchés obligataires, on constate un sentiment de soulagement en ce début d’année en dépit du revirement de la politique monétaire de la FED. Les Banques Centrales mondiales (Europe, Japon) devraient continuer de venir au soutien des marchés mondiaux par le maintien de politiques monétaires accommodantes ce qui est un élément favorable aux marchés obligataires dont l’évolution reste corrélée aux comportements des Banques Centrales.

Conclusion

Si les marchés mondiaux font actuellement face à de fortes fluctuations, les actions notamment américaines et Européennes reste la classe d’actifs qui revêt le plus grand potentiel de performance pour l’année 2016. Toutefois, les marchés internationaux connaissant une véritable mutation en vue de s’adapter aux nouvelles orientations économiques, l’environnement mondial restera propice au cours des prochains mois à de forts épisodes de volatilité.

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr. Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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