ALSTOM, une valse à trois temps (acte 1)

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Par Karl Toussaint du Wast - le 28/04/2014

Suite aux offres de rachat faites au groupe industriel français Alstom en milieu de semaine dernière ayant conduit à la suspension par l’AMF (Autorité des marchés financiers) de la cotation de ce dernier, le gouvernement menace d’exercer son droit de veto quant au rachat du groupe industriel par le géant Américain GE et a donc décidé de rencontrer en ce jour les deux groupes concurrents en vue d’examiner leur proposition. Le gouvernement se refusant d’être mis devant les faits accomplis.

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Objectifs du gouvernement

L’enjeu du gouvernement dans la future fusion du fleuron français que constitue Alstom avec un autre industriel est de préserver au mieux ses intérêts économiques et stratégiques, plus précisément :

  • le maintien de tous les emplois des salariés actuels d’Alstom,
  • le maintien de l’indépendance énergétique,
  • le maintien des centres de décisions en France.
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Dès intérêts divergents

Si le gouvernement a manifesté dès le départ son opposition à la fusion entre Alstom et le géant américain, cette tendance tend à se confirmer, notamment au regard de l’offre proposée par Siemens.

En outre, est invoqué par le gouvernement un risque important de doublon dans certains secteurs d’activité, ce qui conduirait à un risque important de pertes d’emplois. Enfin, symbole ou réalité il se trouve qu’en cas de rapprochement entre les deux entités, le centre de décision ne serait plus situé sur le territoire français mais non loin de New York, dans l’Etat du Connecticut.

A l’inverse, la proposition faite par Siemens semble avoir comme objectif une véritable unification entre les deux entités comme le démontre la volonté du groupe Allemand de maintenir le centre de décisions en France et de maintenir tous les emplois actuellement occupés tout en continuant de développer l’activité nucléaire.

Il convient d’ajouter que Siemens prévoit également d’apporter aux activités d’Alstom ses activités en matière de TGV et de locomotives ce qui aurait pour conséquence une augmentation importante du carnet de commande du groupe français. Rappelons que le groupe Allemand a tout à perdre dans la réalisation d’une alliance Alstom/G-E dans la mesure où il serait confronté à un concurrent très puissant dans le secteur de l’énergie (ceci expliquerait peut être, pour partie la proposition faite par le géant allemand le lendemain de celle de GE).

Ainsi, le gouvernement voit dans cette union l’émergence de deux champions européens et mondiaux dans le domaine de l’énergie et du transport.

Cependant, selon Patrick Kron, actuel PDG du groupe Alstom une alliance avec Siemens lui serait regrettable dans la mesure où cela conduirait à : « un massacre social et au démantèlement à terme d’Alstom, tant les activités des deux groupes sont redondantes ».

Conclusion

Entre le refus du gouvernement de voir Alstom fusionner avec le géant Américain G-E et l’opposition du PDG d’Alstom d’être racheté par le groupe Allemand Siemens, le choix du groupe français semble cornélien, et pousse à se demander si le groupe Alstom dispose pas d’autres alternatives, comme par exemple une nationalisation temporaire telle quénoncée par Jean Claude Mailly (FO) ou encore opérer un partenariat avec un industriel français tel qu’AREVA.

ALSTOM, une valse à trois temps (acte 2) >>

À propos de l'auteur

Karl Toussaint du Wast , Conseiller en gestion de patrimoine

Karl Toussaint du Wast débute sa carrière professionnelle à New York à l'âge de 20 ans où il fonde sa première entreprise dans la tour 1 du World Trade Center : une société de distribution de matériel informatique. Le 11 septembre 2001, les attentats du WTC le contraignent à rentrer en France où il se recentre sur sa formation initiale et devient consultant en recrutement dans les métiers de la finance, puis chasseur de têtes dans un grand cabinet parisien. Après de nombreuses missions de recrutement pour le compte de banques, de sociétés de gestion ou de promoteurs immobiliers, il s’associe à Stéphane van Huffel et créé Wast and Van puis Netinvestissement.fr. Karl Toussaint du Wast est aujourd’hui Président du Groupe Wast&Van.

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